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Polytechnique : Le langage de la peur

On s’en doute, il ne régnait pas toujours une ambiance de camp de vacances sur le plateau de tournage de Polytechnique. Pour les artisans du film (en salle dès demain), certaines journées étaient plus éprouvantes que d’autres.

La nature du sujet y était pour quelque chose. Pour raconter avec justesse les tragiques événements du 6 décembre 1989, certains acteurs, comme Sébastien Huberdeau, préféraient parfois entretenir «un climat de tension».

Les modalités singulières de production expliquent également la lourdeur de certaines séances. Pour bénéficier d’une subvention gouvernementale additionnelle, Polytech­ni­que a été tourné dans les langues de Shakespeare et de Molière. Il a ainsi obtenu 3,1 M$ du Fonds de long métrage de langue anglaise de Téléfilm Canada.

«Ç’a a été très difficile, avoue le réalisateur Denis Villeneuve. Au cinéma, tout ce que tu essaies de faire, c’est d’atteindre un état de grâce, de capter un moment magique. En tournant dans les deux langues, il fallait reproduire le miracle deux fois. C’était épuisant.»

Même son de cloche du côté des comédiens. Le film préfère peut-être le pouvoir d’évocation des silences à celui des mots et des cris, mais son tournage n’en a pas moins été ardu.

«On travaillait une scène en français, et dès qu’on avait quelque chose de bien, on recommençait à zéro, dit Sébastien Huberdeau, qui joue le personnage de Jean-François, l’un des étudiants au cÅ“ur du drame. Tu as beau savoir ton texte sur le bout des doigts, ça change la dynamique, surtout quand ce n’est pas ta langue maternelle.»

Maxim Gaudet – dont la voix n’est entendue qu’au début du film, lorsqu’il fait la narration de la lettre de Marc Lépine – a lui aussi dû se préparer à l’exercice.

«Tu n’as pas les mêmes impulsions en français qu’en anglais», indique-t-il.

Selon Denis Villeneuve, Polytechnique bénéficiera d’une plus grande visibilité à l’international grâce à sa version anglaise. «Dans les festivals, le film  risque de faire plus de vagues, parce que tout le monde sait que l’autoroute du cinéma, c’est en anglais», souligne-t-il.

La date de sortie de Polytechnique dans le reste du Canada n’est pas encore arrêtée.

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