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Lhasa : Me, Myself & I

Sur son nouvel album, Lhasa délaisse la voix très grave et dramatique qui l'a fait connaître, et qu'elle trouvait plus esthétique, pour présenter sa voix naturelle, plus haute. Photo:
Geneviève Vézina-Montplaisir - Métro

Pour son nouvel album, Lhasa n’en a fait qu’à sa tête et ne le regrette pas du tout. La chanteuse mexico-américaine, qui a élu domicile dans notre Belle Province, a fait tous les choix artistiques sur sa troisième galette, qui porte son nom.

Elle a décidé de la réaliser elle-même, mais aussi de l’enregistrer sur bande analogique, live, entourée de ses. musiciens. Elle a aussi choisi de chanter en anglais cette fois, question de replonger dans ses racines américaines et de laisser le français et l’espagnol pour quelque temps.

Lhasa est en pleine possession de ses moyens, et ce disque, qui lui ressemble, en est la preuve.

Il aura fallu attendre six ans avant de mettre la main sur du nouveau matériel de la chanteuse. Les deux ans qui ont suivi la sortie de The Living Road ont été consacrés à la tournée. Ensuite, Lhasa s’est posée à Montréal, où elle a découvert tranquillement la forme qu’allait prendre sa nouvelle offrande, qui propose des chansons aux sonorités folk, teintées de country.

«Ça m’a pris du temps pour trouver avec qui je voulais travailler, pour trouver le studio, pour décider que je voulais le réaliser moi-même, explique la chan­teuse qui a passé son enfance à sillonner l’Amé­rique avec ses parents et qui a gardé un petit côté bohème.

Lorsque ces choix ont été arrêtés, l’auteure, compositrice, interprète et ses musiciens sont tous entrés en studio en décembre 2007 pour en ressortir deux semaines plus tard avec presque tout l’album complété.

«Je m’étais dit : je vais réaliser moi-même et si ça ne marche pas, si c’est trop difficile ou si je n’y arrive pas, je vais chercher quelqu’un pour faire le reste de l’album avec moi. Mais ça s’est super bien passé, affirme Lhasa. Avec les musiciens et les ingénieurs, il s’est vraiment passé quelque chose de magique pour nous en studio.»

Comme dans le temps

La magie en studio est peut-être venue du fait que la nouvelle réalisatrice a décidé d’enregistrer son album live, avec tous les musiciens qui jouent ensemble et non chacun dans leur coin, comme c’est presque la norme maintenant.

«C’est plus convivial, dit Lhasa. C’est le genre de musique que j’ai le goût de faire depuis longtemps.»

Celle qui s’est toujours tenue loin des paillettes et du glamour de la musique a également décidé de faire un retour dans le temps en utilisant une bande analogique pour enregistrer son album, comme ça se faisait dans l’industrie de la musique jusque dans le milieu des années 1980.  

«J’ai préféré la bande analogique au digital parce que je n’avais pas envie de faire du piste par piste, souligne-t-elle. Je n’avais pas envie de faire du montage et d’avoir la possibilité de faire plusieurs prises. Je n’avais pas envie non plus d’être dans une mentalité de perfection, mais de musique. Je trouve que l’analogique est super agréable. Le digital, je trouve ça vraiment plus angoissant.»

Un autre choix que Lhasa a fait pour son troisième album, c’est de le faire tout en anglais. Une décision davantage inconsciente pour celle dont la langue de Shakespeare est en fait la langue maternelle.

«Quand j’ai une idée, je ne me pose pas de question sur la langue, j’écris, explique-t-elle. Cette fois, j’ai écrit une chanson en anglais, une autre, et à un moment donné, j’ai commencé à voir que ça allait être un album en anglais. En général, pour faire des albums, je vais là où c’est excitant, où ma vérité du moment est. Après un album, on fait beaucoup de concerts, alors il faut vraiment qu’on trouve une porte qui nous intrigue et qu’on ait le goût d’explorer pendant un moment.»

Lhasa
En magasin mardi

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