Soutenez

Numéro#: éternel combat

Geneviève Vézina-Montplaisir, Métro

Après l’album L’idéologie des stars, qui les a fait connaître en 2006, les gars de Numéro# récidivent avec Sport de combat. Sur ce nouveau CD, Pierre Crube et Jérôme Rocipon laissent tomber le petit côté hip-hop qui accompagnait leurs compositions électro pour se consacrer à ce qu’ils savent le mieux faire, de la musique pop.

Le duo conserve toutefois son ton humoristique et sa propension à l’ironie. «Sport de combat, c’est un peu l’image du challenge du deuxième album, explique Jérôme Rocipon, Bordelais d’origine. Avec le premier CD, on avait été tellement parachutés qu’on n’avait pas vraiment eu à le défendre. Avec le deuxième, on a un historique, alors on a davantage de choses à prouver.»

Effectivement, L’idéologie des stars avait fait démarrer sur les chapeaux de roues la carrière de Numéro#. Le producteur et artiste de musique électronique Pierre Crube et le chanteur et auteur Jérôme Rocipon avaient été les premiers surpris de voir que leur opus, qui portait un regard cinglant sur la musique pop, obtenait autant de succès. Surtout qu’ils venaient tout juste de se connaître. Avec Sport de combat, la paire laisse tomber les personnages qui vantent le «chewing gum fraise» et la «vie d’artiste», et propose des textes plus personnels.

«On s’est recentrés sur nous-mêmes, affirme  Crube. On n’est plus cantonnés dans des rôles. Autant sur le plan de la musique que sur celui des paroles, tout est plus personnel. La grande différence, c’est que ce n’est pas un album concept. Il faut voir chaque chanson comme un tableau, comme un polaroïd du moment.»

Sport de combat propose des pièces accrocheuses plus ou moins électro, avec des saveurs différentes, tantôt dance, tantôt funk, tantôt psychédélique. De la pop, quoi! Les chansons ont toutes un grand pouvoir dansant, et selon Numéro#, elles pourraient toutes aussi être présentées en format acoustique. «Il faut que ça soit catchy. On ne pourrait pas faire quelque chose de non mélodieux, souligne Jérôme. Mais on ne fréquente pas les clubs pour voir si notre musique pourrait y passer. Tous les titres de l’album passent le test de la chanson à la guitare au coin du feu.»

«Peut-être qu’un jour, on sortira un CD acoustique… ajoute-t-il. Moi j’écoute très peu de musique électro. J’écoute plus de folk et des choses comme ça.»

Pop musique
Numéro# continue tout de même de se réclamer de la pop, à laquelle ils ont donné leur propre couleur. Le groupe déplore d’ailleurs que la musique pop ne trouve pas beaucoup plus d’écho au Québec. «Sincèrement, la pop au Québec fait pitié, clame Pierre. Il y a comme une crainte de ça ici. Les gens qui en font ne s’assument pas vraiment. Nous, on n’a jamais eu de problème avec la vision vendue de la pop et son caractère éphémère, parce qu’on n’a pas du tout l’intention de faire des albums pour l’histoire.»

Les gars de Numéro# éprouvent un certain malaise lorsqu’ils voient, dans des cérémonies de remise de prix, leurs noms figurer dans des catégories réservée à la musique électronique. D’après eux, ce qu’ils font est très grand public.

«On se sent un peu rejet, confie Jérôme en riant . Les gens ne savent pas trop où nous mettre. On ne peut pas nier qu’il y a de l’électro dans Numéro#, mais ça ne fait pas de nous des stars de l’électronique. Prenez Britney Spears. Il y a des sons électro dans ses tounes, mais ça reste une chanteuse pop. La pop, c’est très large. C’est autant les Beatles que Rihanna. C’est ce qui est le fun avec ce genre-là. Personne n’a la même vision de la pop.»

Sport de combat
En magasin mardi

Articles récents du même sujet

Mon
Métro

Découvrez nos infolettres !

Le meilleur moyen de rester brancher sur les nouvelles de Montréal et votre quartier.