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Eric Cantona a fait monter l'applaudimètre très haut à Cannes

Jérôme Vermelin - Métro France

L’ancien footballeur Eric Cantona a fait monter l’applaudimètre très haut à Cannes, venu présenter le nouveau film de Ken Loach, «Looking for Eric», dont il est l’instigateur, le co-producteur, et dans lequel il interprète l’ami imaginaire d’un postier de Manchester un peu paumé.

Le film est basé sur une idée originale que vous avez livrée vous-même à Ken Loach. Vouliez-vous rendre hommage, de façon originale, aux supporters de Manchester United qui vous ont tant apporté?
Il y avait de ça. Je ne voulais pas faire un film sur ma relation avec les supporters, mais sur la vie d’un supporter. Le football, mon personnage, ne sont qu’un prétexte pour raconter son histoire. J’avais écrit un traitement de deux pages et je suis allé voir les producteurs Pascal Caucheteux et Vincent Maraval qui font le type de films dont j’avais envie. Le premier nom de réalisateur auquel nous avons pensé a été celui de Ken Loach. Pour le grand cinéaste qu’il est, et parce que nous pensions qu’un Anglais, fan de foot, serait le plus à même de comprendre la passion qui anime les stades là-bas. On m’a toujours dit : lorsque tu as un rêve, fais en sorte qu’il soit grand. Nous l’avons rencontré avec son scénariste, Paul Laverty, et ils ont accepté de travailler sur un scénario qui s’inspirerait de mon idée de départ.

Vouliez-vous jouer dedans dès le début?
Pas forcément. Mais le double avantage avec moi, c’est que je joue la comédie depuis une douzaine d’années, et qu’on pouvait se servir d’images d’archives, impossibles à reproduire pour un comédien non footballeur.

Vous riez clairement d’une certaine image qui s’était construite autour de vous à l’époque de Manchester…
Attention, je ne me suis pas construit un personnage, je me suis construit tout court ! J’ai toujours pensé que la plus belle image qu’on puisse avoir, c’est d’être soi-même, sincère. Dans le film, le personnage d’Eric Bishop se sert de l’image qu’il se fait de moi pour communiquer avec lui-même, trouver des réponses, des chemins et le courage de les emprunter.

Ce qu’aime Eric Bishop, c’est l’assurance que vous dégagez. Etiez-vous réellement sûr de vous sur un terrain?
J’étais sûr de moi quand j’avais bien travaillé à l’entraînement. Et je travaillais beaucoup car je me posais sans cesse des questions. Lorsque je marquais deux buts dans un match, je me demandais toujours pourquoi je n’avais pas marqué le troisième, ou manqué une passe décisive. Ce n’est pas facile à vivre non plus car ça fait de vous un éternel insatisfait. J’ai la même attitude avec le cinéma. Lorsque j’arrive sur un tournage, j’ai assez travaillé le rôle, assez parlé avec le réalisateur, assez posé de questions pour prendre du plaisir.

Ken Loach, c’est quel genre de coach?
C’est un très grand coach. Quand on voit les acteurs jouer dans ses films, on a l’impression de voir un documentaire, qu’ils sont filmés dans leur quotidien. Mais ce qui m’a le plus marqué chez cet homme, c’est son honnêteté et sa volonté de ne pas s’installer dans le confort. Le danger lorsqu’on a une certaine notoriété, c’est de « faire faire » aux autres. Or sur le tournage, il vit avec les autres, il mange avec les autres… On est tous logé à la même enseigne, lui le premier.

Ce film, c’est votre plus belle expérience de cinéma jusqu’à présent?
Oui, parce que c’est la première fois que j’initie un projet. J’aime qu’on me propose des rôles, mais je trouve ça plus intéressant, plus enrichissant d’être sur un projet de A à Z. Celui-là, on a mis quatre ans à le concrétiser. J’en ai deux autres en cours en ce moment.

On ne vous reverra pas dans le foot, hormis pour les tournois de beach soccer?
Pas pour le moment. Si je reviens comme entraîneur, dans quelques années, ce sera si je peux révolutionner le football. Si j’ai des idées nouvelles, comme un artiste. Ce sera la seule condition.

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