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Franz Ferdinand : Désirs assouvis

Marc-André Lemieux - Métro

À ses débuts, Franz Ferdinand s’est donné une seule consigne : faire ce qui lui plaît. Aux yeux de plusieurs, il s’agit sans doute d’une directive plutôt niaise. Pour d’autres, ce mot d’ordre explique bien des choses… à commencer par la sortie, en juin dernier, de Blood, un CD composé de versions dub des chansons de Tonight, son précédent opus.

Comment un quatuor écossais – reconnu pour ses titres pop-rock comme Take Me Out et Do You Want To – en arrive-t-il à lancer une compilation de remixes techno et dance?

Selon Nick McCar­thy, le claviériste et guitariste de la formation, l’idée de pondre une telle collection est née pendant l’enregistrement de Tonight, dont la réalisation a été assurée par le Britannique Dan Carey. Ce dernier, qui a déjà travaillé avec le tandem jamaïcain Sly & Robbie, l’ingénieur de son Mad Professor et le trio new-yorkais The Brazilian Girls, a semblé grandement impressionner les membres de Franz Ferdinand quand est venu le temps d’apporter la touche électronique à l’opus et d’expérimenter de nouvelles sonorités.

«En studio, on n’arrêtait pas de lui demander des trucs comme : « Comment t’as fait ça? Comment es-tu arrivé à produire cet effet-là? » raconte McCarthy à l’autre bout du fil. On s’est tellement amusés que ça nous paraissait évident qu’il fallait pousser l’exercice un peu plus loin.»

La critique a réservé un accueil mitigé à Blood. On a salué l’audace du groupe, mais on n’a pu s’empêcher de questionner la pertinence de lancer, en 2009, une galette consacrée à un style dont l’heure de gloire est passée depuis belle lurette.

Dans les années 1980, nombreux étaient les artistes qui proposaient des versions dub de leurs plus grands succès. Née en Jamaïque en 1967 et par la suite récupérée par le disco et le punk, cette tradition s’est toutefois perdu au fil du temps… ce qui n’a pas du tout freiné l’élan de la formation.

«On fait des choses qui nous rendent heureux, explique McCarthy. Quand on a enregistré le premier album, on avait l’impression de se rebeller contre ce qui tournait à la radio. On a fait à notre tête. Quand on crée quelque chose qu’on n’entend pas partout, ça nous excite, ça nous stimule. Et c’est ce qui est arrivé avec Blood.»

Nuit magique
Présentement en tournée aux États-Unis avec Green Day, Franz Ferdinand se produira au Métropolis à la fin du mois. Il s’agira de la deuxième visite du groupe à Montréal en moins d’un an puisqu’en décembre dernier, Alex, Bob, Nick et Paul avaient foulé les planches du Cabaret La Tulipe dans le cadre d’une série de concerts intimistes en Amérique du Nord. Lors de ce passage, la formation nous avait donné un avant-goût de Tonight, son album à paraître quelques semaines plus tard.

«Ça fait très rock’n’roll de jouer dans des clubs! rigole McCarthy. Dans les gros spectacles, c’est facile de se sentir détaché de l’audience tandis que dans les plus petites salles, tu peux regarder les gens dans les yeux. Tu peux voir si les chansons fonctionnent ou non. Quand ça ne lève pas, c’est vraiment embarrassant, mais quand la foule embarque, ça peut devenir des soirées mémorables, des nuits magiques.»

Même si sur disque Franz Ferdinand a pris un virage électronique, sur scène, le quatuor se rapproche plus que jamais de ses racines rock.

C’est du moins ce que prétend McCarthy. Selon lui, les synthétiseurs analogiques de Tonight se marient parfaitement avec les guita­res plus corrosives des deux premiers albums du groupe.

«On a changé quelques arrangements ici et là, mais dans l’ensemble, nos vieilles tounes se sont bien ajustées aux nouvelles, dit-il. On n’a pas l’impression de verser dans deux styles différents. J’irais même jusqu’à dire que c’est notre show le plus rough!»

Franz Ferdinand
Au Métropolis
Le 31 août à 20 h

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