Culture

Cette semaine, Métro craque pour Les animaux fantastiques : les crimes de Grindelwald, Les Coasters, Je voudrais que la nuit me prenne…

Cette semaine, Métro craque pour Les animaux fantastiques : les crimes de Grindelwald, Les Coasters, Je voudrais que la nuit me prenne…

Cette semaine, Métro craque pour Les animaux fantastiques : les crimes de Grindelwald, Les Coasters, Moi, ce que j’aime, c’est les monstres, Je voudrais que la nuit me prenneLemonade, Nos ghettos, et Border.

Les animaux fantastiques : les crimes de Grindelwald
Si on avait été plus ou moins convaincue par le premier film de la nouvelle saga tirée du monde d’Harry Potter, ce deuxième volet change complètement la donne. On retrouve Newt, Jacob, Queenie et Tina, cette fois à Paris, alors qu’ils tentent de retrouver le puissant Credence Barebone avant que Grindelwald ne le fasse lui-même. On rencontre un jeune Albus Dumbledore (Jude Law), on va à Poudlard et on comprend tellement, tellement de choses! Le film se passe très vite et beaucoup d’indices et de détails sont donnés pour la suite de l’histoire. Notre conseil? Avoir avec soi le livre (aux éditions Gallimard), qui est en fait le scénario du film, pour s’assurer qu’on a bien tout compris et pour étoffer nos hypothèses pour le prochain film. Parce que vous aussi vous vous poserez plusieurs questions avec le gros punch de la fin! En salle. Virginie Landry

Les Coasters
Chevery, Tête-à-la-Baleine, La Romaine, Saint-Augustin, Harrington Harbour… Autant de villages de la Basse-Côte-Nord, (loin loin loin, là où la route 138 ne se rend pas encore) et de paysages magnifiques qui sont filmés avec brio par Nicolas-Alexandre Tremblay et Stéphane Trottier dans le documentaire Les Coasters. Sur un ton impressionniste, le film retrace le destin des trois communautés présentes sur la Côte (innue, francophone et anglophone) et des défis qui les attendent : exode des jeunes et dépopulation pour les Blancs, quête de sens et de repères pour les Autochtones. Un film qui réunit plusieurs intervenants sympathiques (on se souviendra longtemps de Dieudonné, un Burundais venu enseigner aux Innus de La Romaine) et qui permet de découvrir cette région méconnue du Québec d’en haut. Les Coasters sera présenté à la Cinémathèque québécoise lundi et mardi, ainsi que du 14 au 16 décembre. Benoit Valois-Nadeau

Moi, ce que j’aime, c’est les monstres
Qui a peur des monstres? Certainement pas Karen, qui donnerait tout pour être un loup-garou plutôt qu’une jeune fille. Parce que la vie est drôlement plus facile pour eux que pour elle, surtout dans le Uptown du Chicago des années 1960. Karen l’apprend à ses dépens, notamment en enquêtant sur la mystérieuse mort de sa voisine, Anka, survivante de l’Holocauste et de trop nombreux autres sévices. Ce récit bouleversant est magnifiquement raconté dans de sublimes illustrations, entièrement réalisées au stylo bille (!), qui font de chacune des quelque 400 pages de ce roman graphique une véritable œuvre d’art. Aux éditions Alto. Marie-Lise rousseau

 

 

Je voudrais que la nuit me prenne
Dès les premières lignes de ce roman, on s’attache à la narratrice, petite Clémence de presque huit ans. Elle grandit dans une maison remplie d’amour, au milieu d’un papa instituteur et d’une maman aimante et fantaisiste. Au fil des pages, toutefois, on comprend qu’un drame est venu tout chambouler. Isabelle Desesquelles n’en est pas à ses premières armes en littérature et elle propose ici un récit bouleversant, qui a d’ailleurs été retenu sur la toute première liste du prix Femina plus tôt cette saison. Aux éditions Belfond. Jessica Dostie

 

 

Lemonade
Mara est vulnérable. D’abord parce que son statut est précaire. Ensuite, parce qu’elle est une femme. Optimiste de voir sa demande de green card acceptée – puisqu’elle s’est mariée à un Américain –, elle a déjà fait venir son fils de Roumanie. Mais rapidement, les choses se gâtent. Premier long métrage de la cinéaste Ioana Uricaru (produit par le palmé d’or Cristian Mungui), Lemonade présente dans un réalisme social toute la précarité et les violences que peuvent vivre les personnes qui immigrent. Certaines scènes sont d’une tension insoutenable, et le jeu de Mălina Manovici est impeccable de retenue. Un film tristement d’actualité. Marie-Lise Rousseau

Nos ghettos
Jamais la quête d’un grilled-cheese ne nous aura menés aussi loin. Voulant ravitailler sa petite famille en vue du brunch, le personnage principal de Nos ghettos se retrouve au cœur d’une réflexion sur le désormais célèbre «vivre-ensemble». Forcé de visiter les commerces «ethniques» d’une zone un peu désaffectée de la ville, il ne peut que constater l’indifférence qui règne entre les communautés voisines : les Congolais de l’épicerie, les Dominicains du salon de coiffure ou «les Blancs indépendantistes de gauche» qui fréquentent la ruelle verte. Portée par une trame sonore hypnotique, la pièce de J-F Nadeau offre une analyse pertinente (et souvent ludique) de notre rapport à l’Autre. Au Théâtre d’Aujourd’hui jusqu’au 1er dé­cembre. Benoit Valois-Nadeau

 

Border
Des films comme Border (Gräns), il n’y en a pas beaucoup. Enfin, pas beaucoup qui trouvent un public en dehors de la Scandinavie. Tina, une agente frontalière capable de sentir «la honte, la culpabilité, la rage» des gens, n’arrive pas à cerner Vore. Quand il passe la douane, Tina se doute que quelque cloche. S’en suit une enquête policière mêlée à une étrange histoire d’attirance (animale) et d’acceptation de soi. La réalisation aérée d’Ali Abbasi nous laisse le temps d’apprivoiser Tina, qui s’est adaptée au monde humain, avant d’introduire Vore, qui ne répond que de son instinct et de son savoir folklorique. La Suède y va d’un choix audacieux pour les Oscars en soumettant Border, un long métrage qui plaira à ceux qui courent les films de genre, à la frontière (pardon) entre notre monde et un autre. À l’affiche au Cinéma du Parc. Carine Touma

 

Et on se désole pour…

La fin de Demain des hommes
La série Demain des hommes a pris fin lundi dernier. D’une émission à l’autre, on a plongé dans l’univers des Draveurs de Montferrand, club junior fictif, et dans la vie de jeunes adultes en devenir qui se tiennent, qui s’amusent et qui se battent les uns pour les autres. La distribution, qui comprend plusieurs comédiens de talent (Normand D’Amour, Émile Proulx-Cloutier, Antoine Pilon) compte aussi de nouveaux visages (Pier Gabriel Lajoie, Samuel Gauthier et Alexandre Bourgeois) tout simplement exceptionnels. Va-t-il y avoir une suite? Rien n’est sûr, mais on espère de tout notre cœur voir une deuxième saison de cette série différente, rafraîchissante et sans prétention. À voir en rafale sur ICI Tou.tv Extra. Emmanuelle Houle