Culture

TVA lève le voile sur Rock & Rolland

Rock & Rolland a beau raconter le quotidien de deux baby-boomers à la retraite, TVA ne croit pas que sa nouvelle comédie s’adresse exclusivement à cette clientèle. «C’est une série très rassembleuse qui ratisse large», insiste France Lauzière, la directrice des programmes du réseau.

Même son de cloche du côté de Sylvain Roy, script-éditeur, idéateur et réalisateur de l’Å“uvre. «La retraite est une toile de fond, note-t-il. Les personnages sont loin de l’hospice!» Avec une distribution de prestige, un humour sans malice et une case horaire enviable (les mardis soir à 20 h), il y a fort à parier que Rock & Rolland fera bonne figure dans les sondages. TVA ne semble d’ailleurs pas en douter puisqu’il a déjà commandé 20 autres demi-heures qu’il compte diffuser en 2011.

Mais après avoir assisté à la projection de quelques épisodes de la série hier, on soupçonne que les moins de 30 ans ne constitueront pas une large partie de son auditoire. Première fiction produite par Juste pour rire TV, Rock & Rolland traite de l’amitié entre deux quinquagénaires nouvellement retraités qui n’ont, en apparence, rien en commun.

D’une part, on retrouve Rock (Michel Barrette), un décrocheur de 56 ans plein aux as depuis qu’il a vendu sa florissante entreprise d’enseignes lumineuses. Entouré de sa fille Sophie, proprio d’un pawnshop (Julie Deslauriers), et de son garçon éducateur en CPE (Pierre-François Legendre), il découvre avec angoisse la vie après le travail.

D’autre part, on fait la connaissance de Rolland (Julien Poulin), 58 ans, un enseignant de sociologie tirant sa révérence. Hyper sensible (il s’émeut devant un écureuil écrasé par une voiture), cet intellectuel apprend lui aussi à gérer son nouvel horaire. «Dans la vie, on se définit beaucoup par son travail. Alors quand tout s’arrête, c’est normal qu’on ait de la difficulté à reprendre sa vie en mains», explique Sylvain Roy.

Moi et l’autre au masculin

Si le tempo de la série paraît plutôt lent dans le premier épisode, il s’accélère un peu dans le deuxième, grâce à une intrigue plus riche en péripéties et à des répliques plus colorées. Les aventures rocambolesques de ces deux amis aux tempéraments différents et la complicité qui les unit évoquent parfois celles de Dominique Michel et de Denise Filiatrault dans la sitcom Moi et l’autre. Les similitudes entre les deux tandems frappent particulièrement dans le sixième épisode, où Rock et Rolland décident d’aller se détendre dans une clinique santé de style new age.

Quelques ruptures dans le ton bon enfant de cette comédie laisseront toutefois un goût amer dans la bouche de certains. Aussi étrange que cela puisse paraître, chaque demi-heure semble comporter une réplique osée, comme si les auteurs s’étaient donné le défi de surprendre leur public cible.

De Miche­line Lanctôt (en prof déprimée) se plaignant d’une «vaginite qui ne veut pas partir» à Marc Legault (en papi dévergondé) vantant les mérites de l’éjaculation féminine, certains extraits de dialogues semblent être tirés d’un épisode de C.A. Voilà peut-être ce qui accrochera la plus jeune génération…

Rock & Rolland
Sur les ondes TVA
Le mardi à 20 h

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