Culture

Mary Queen of Scots: Le prix du pouvoir au féminin

Photo: Collaboration spéciale

On peut remercier le réalisateur Richard Curtis pour l’amitié entre les actrices Saoirse Ronan et Margot Robbie, qui partagent l’écran dans le film Mary Queen of Scots (Marie, reine d’Écosse).

C’est que l’homme derrière Love Actually les a délibérément assises l’une à côté de l’autre lors d’un de ses fameux soupers, en 2016.

«Dès ce moment-là, je me suis dit: “Cette fille est malade.” Je savais que je voulais travailler avec elle, confie Margot Robbie à Métro. Alors quand j’ai su que Saoirse ferait partie de Mary Queen of Scots, j’ai immédiatement voulu embarquer.»

Il n’y avait toutefois qu’un petit problème: l’actrice ne se croyait pas capable de jouer un personnage historique comme la reine Élizabeth. «Je n’ai pas fait d’école de théâtre. Je ne suis pas allée à l’université. J’étais convaincue que pour jouer un personnage historique si important, il fallait que je maîtrise ce monde-là. Je pensais que je ne méritais pas de l’interpréter.»

«Et tellement d’actrices légendaires l’ont jouée, en remet l’actrice. Cate Blanchett. Katherine Hepburn. Helen Mirren. Judi Dench. La liste est interminable. Je me disais: “Je ne mérite pas d’être dans ce groupe.” Elles sont démentes. Elles sont tellement bonnes.»

«Tout comme toi», répond Saoirse Ronan. Une réponse, certes, mais aussi la preuve de l’amitié particulière entre celles qui interprètent les intimidantes reines d’Écosse et d’Angleterre, qui croyaient toutes les deux être les dirigeantes légitimes des deux pays.

«On explore ce que c’est d’être une femme au pouvoir et les sacrifices à faire.» – Margot Robbie, qui personnifie la reine Élizabeth dans Mary Queen of Scots.

Robbie a finalement accepté le rôle quand la réalisatrice du film, Josie Rourke, lui a dit qu’elle jouerait une jeune femme et non une reine. L’idée d’amener un peu de jeunesse au genre «étouffant» des films historiques a d’ailleurs particulièrement plu à l’actrice Saoirse Ronan.

«Ce qu’on voulait ramener dans le drame politique, c’est la jeunesse. [On voulait montrer] ces femmes avec leurs conjoints, leurs amis, leurs enfants, et rendre l’histoire sympathique, explique-t-elle. Parce qu’on ne fait que regarder dans le passé et tout prendre au sérieux.»

Et même si les événements du film se déroulent dans les années 1500, les deux actrices savaient que le récit était, en quelque sorte, intemporel.

«Je pense que le film explore par-dessus tout l’idée du prix du pouvoir. Il montre surtout ce que c’est d’être une femme dans un monde dominé par les hommes», explique Robbie.

«Dans ma tête, elle ne voulait pas être reine. Elle a dû renoncer à être une femme: elle devait être la reine et seulement la reine. Elle était le trône, la couronne», ajoute-t-elle.

Ronan y voit plutôt les similitudes entre le regard porté sur les reines et celui qui harcèle les personnalités publiques aujourd’hui.

«Les gens pensent qu’on a tout ce qu’on veut. Mais ce que n’importe qui désire vraiment, c’est de connecter avec un autre humain, ajoute l’actrice. On veut d’ailleurs que le public laisse ça de côté et ne voit pas ces femmes comme des reines. Ce sont des personnes qui avaient d’énormes responsabilités et beaucoup de poids sur les épaules. Elles faisaient du mieux qu’elles pouvaient.»

Margot Robbie espère aussi que Mary Queen of Scots pourra faire taire le consensus historique voulant que les problèmes entre Mary et Élizabeth n’aient été dus qu’à une grande «chicane de filles».

«Je suis tellement en colère pour elles, à cause de la manière dont les hommes les tenaient séparées et les montaient l’une contre l’autre».

«Elles voulaient vraiment avoir une sœur, une confidente, surtout Élizabeth. Elle savait que Mary était le seul autre être humain qui comprenait ce qu’elle vivait, le rôle qu’elle occupait. Alors c’est tragique qu’elles aient été divisées.»

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