Les signes vitaux: Le grand voyage
La mort. C’est le thème du deuxième long métrage de Sophie Deraspe. Dans Les signes vitaux, la cinéaste amène le spectateur dans un centre de soins palliatifs où une jeune femme, Simone, passe beaucoup de temps. Elle a mis sa vie en suspens, arrêté ses études et fuit son copain pour accompagner des patients dans leurs derniers moments. Par ce dévouement, Simone tente de prouver qu’elle n’a pas besoin des autres, mais elle comprendra bientôt que la vie, c’est les autres.
Celle qui interprète Simone, c’est Marie-Hélène Bella-vance, une artiste en arts visuels que Sophie Deraspe a vu danser dans un spectacle en 2006 et pour qui elle a eu un coup de foudre professionnel. La cinéaste avait déjà en tête de faire un film sur les soins palliatifs, mais sa rencontre avec Marie-Hélène Bellavance a donné une tout autre dimension à son projet.
C’est que la peintre et danseuse porte deux prothèses aux jambes, à partir des genoux. Le rapport au corps étant une partie importante de la thématique de son film, Sophie Deraspe en a donc offert le rôle principal à une artiste qui l’inspirait, mais qui n’avait jamais fait de cinéma.
«J’ai écrit le scénario pour elle, affirme la cinéaste. Je trouvais que Marie-Hélène avait un corps qui parlait pour mon personnage, mais c’est aussi une femme sensible, intelligente et très photogénique. Je sentais que ça allait pouvoir fonctionner.»
Sophie Deraspe et Marie-Hélène Bellavance ont donc passé quelque temps dans des centres de soins palliatifs pour se familiariser avec ce milieu, qui occupe une grande place dans le film. Ce qu’elles y ont vécu? Des moments intenses et d’une grande beauté.
«J’ai vu des gens mourir, souligne la nouvelle actrice. Et même si on ne se connaissait pas, il se passait quelque chose entre moi et les malades. C’est comme si, dans ces moments-là, tu deviens juste deux êtres humains et rien d’autre.»
Les acteurs
Outre Marie-Hélène Bellavance, plusieurs personnes font leurs premiers pas en tant que comédiens dans Les signes vitaux, surtout du côté des patients du centre de soins palliatifs. Par contre, on retrouve également quelques têtes connues dans la distribution, dont Marie Brassard, Francis Ducharme et Danielle Ouimet.
Cette dernière a d’ailleurs accepté de se faire vieillir de plus de 20 ans pour le rôle d’une femme à qui il ne reste que quelques moments à vivre. «Ç’a été un des plus beaux cadeaux de ma carrière au cinéma, parce qu’on m’a toujours cantonnée dans des rôles assez faciles à faire, confie la comédienne. Mais il fallait que j’accepte d’avoir l’air de 102 ans à l’écran!»
Celle qui, dans la vingtaine, allait visiter des malades avec M. Péladeau, le père, affirme avoir abordé son rôle d’une nouvelle façon. C’est qu’après avoir passé une audition pour le réalisateur Podz, il y a quelque temps, elle ne voit plus le jeu de la même façon. «J’ai commencé l’audition en criant et je l’ai terminée en murmurant, se souvient Danielle Ouimet. Après ça, tout a changé!»
Les signes vitaux
En salle le 5 mars