Karin Viard dans un rôle derrière le micro
Karin Viard interprète une animatrice de radio dans Parlez-moi de vous. Un rôle taillé sur mesure pour cette actrice aussi à l’aise dans le drame que dans la comédie.
Connaissiez-vous le milieu de la radio?
J’écoute souvent la radio. C’est un média que j’apprécie beaucoup, notamment grâce à l’espace de discussion et de réflexion qu’il laisse aux invités. Je la préfère nettement à la télévision. Ce que l’on y dit est plus pertinent. J’ai connu la radio en tant qu’invitée pour mes films. Je m’y sens plus à l’aise qu’à la télévision. Quand on est débarrassé de l’image, ça donne une liberté considérable.
Vous êtes-vous inspirée de certaines animatrices?
Je n’ai pas rencontré d’animateurs. J’ai travaillé le personnage avec des acteurs qui m’appelaient depuis le studio, comme s’ils étaient de vrais auditeurs. Je pouvais ainsi improviser des réponses avec eux et me familiariser avec l’outil. Ces préparatifs nous ont aidés à créer de l’intime, à tisser des choses qui n’étaient pas forcément écrites.
Derrière son micro, Mélina rassemble les gens tout en étant très seule. C’est un paradoxe qui vous a plu?
Entre autres choses, oui. J’aime beaucoup sa personnalité, difficile à cerner, pas convenue. Mélina est fermée et a érigé des barrières impénétrables entre elle et le monde. Elle dort d’ailleurs dans son placard ! Pour moi, il symbolise la grotte, le ventre de la mère, le côté rassurant, le nounours. C’est la part d’enfance très forte qu’il y a en elle. [Petite réflexion.] Il fallait que j’y ajoute un peu d’humour tout en montrant que la vie la malmène.
Est-ce un équilibre difficile à trouver?
Oui parce qu’on explore des zones assez subtiles. Je déteste le pathos, je voulais éviter cet écueil-là à tout prix, éviter les grandes larmes… Il fallait toujours trouver le petit truc drôle qui fasse que ce soit pétillant.
Quel regard portez-vous sur les auditeurs qui appellent ce genre d’animateur?
Autant ça peut m’agresser à la télévision parce qu’il y a une forme de voyeurisme, autant je trouve qu’à la radio ces émissions ont une véritable vertu. Je crois qu’il est plus facile de parler à un animateur de radio qu’on ne voit pas qu’à quelqu’un que l’on connaît bien. Si cela peut aider certaines personnes à se sentir mieux, à se libérer, alors c’est vachement bien!
Si Mélina existait, auriez-vous envie de l’appeler pour vous confier?
Non, je ne crois pas [rires]. Mais j’aurais quand même envie de lui demander pourquoi elle refuse de s’ouvrir aux autres, alors qu’elle passe son temps à écouter leurs problèmes. C’est un sacré paradoxe, non?
Parlez-moi de vous
En salle vendredi