Homophobie: Jasmin Roy sonne la fin de la récréation
La récréation a assez duré. L’homophobie est un fléau qui sévit depuis trop longtemps dans les écoles, dénonce le comédien et journaliste Jasmin Roy. «On dit « osti de fif » dans les cours d’école, et c’est comme si on disait « passe-moi le beurre », s’insurge-t-il. Les enseignants ne réagissent pas.»
De nature plutôt joviale, Jasmin Roy adopte un ton sérieux, voire même tranchant, lorsqu’il est question d’homophobie. Il a été lui-même victime de ces campagnes de dénigrement. Dans son livre Osti de fif, lancé aujourd’hui, il raconte les expériences d’humiliation et d’agression qu’il a vécues lorsqu’il était adolescent.
«J’étais une proie de choix, un déchet abject que tout le monde accablait d’humiliations et repoussait à coups d’agressions odieuses», écrit-il. À la suite de ces actes de violence, il a souffert de crises d’anxiété. Seul le théâtre a mis du baume sur ses blessures, jusqu’à ce qu’il sombre dans une dépression à l’âge adulte. Une psychanalyse de quatre ans l’en a libéré.
Interventions cohérentes
Le livre de Jasmin Roy contient également des témoignages de jeunes gais et lesbiennes qui ont été victimes d’attaques en milieu scolaire. Selon le comédien, la lutte contre l’homophobie doit commencer dans les écoles. «Les jeunes font leur coming-out, et les écoles ne sont pas équipées pour faire face à cela», dit-il. Il avance que les directions des écoles ne doivent plus tolérer les noms à connotation péjorative tels que fif, tapette ou moumoune, et qu’elles doivent multiplier les interventions soutenues pour atténuer les incidents homophobes.
«Il va falloir qu’on s’arme d’une stratégie de terrain et que l’ensemble des enseignants puisse intervenir de façon continue», juge le journaliste. Le gouvernement du Québec a adopté en 2009 une politique contre l’homophobie. Un plan d’action est d’ailleurs en cours d’élaboration. Jasmin Roy a proposé à maintes reprises ses services au gouvernement pour le conseiller dans sa démarche, mais n’a obtenu aucune réponse.