Les porteurs d'espoir de Fernand Dansereau: Quand l'espoir a 10 ans
Un jeune professeur motivé dans une école du Québec. Une classe de sixième année qui lutte contre le vandalisme dans son quartier. Des élèves attachants qui mènent à bien leurs projets. Alors que le discours public dresse un portrait plutôt sombre du système scolaire actuel, Les porteurs d’espoir, dernier documentaire du scénariste Fernand Dansereau, va à contre-courant, semant au passage une graine d’espoir au sujet de la nouvelle génération de jeunes à l’ère des grands problèmes environnementaux.
«Aborder la question de l’éducation n’était pas mon but premier, raconte le scénariste d’expérience, qui s’est lancé dans ce projet après que l’enseignant Claude Poudrier lui eut parlé de sa méthode pédagogique Recherche-action. C’est l’environnement qui est ma préoccupation première, mais l’éducation des enfants est une partie de la réponse à l’environnement.»
C’est donc un peu par hasard que Fernand Dansereau, après avoir réalisé le film La brunante, s’est retrouvé dans une classe du primaire, entouré d’enfants, à montrer l’école de l’intérieur et sous un angle plutôt avantageux. «Je ne suis pas un expert en éducation, mais en visitant plusieurs écoles au cours de ma recherche, j’ai été surpris par ce que j’ai vu dans les écoles primaires du Québec, raconte celui dont le film tombe tellement dans les sujets d’actualité que sept salles de cinéma le diffuseront, chose très rare pour un documentaire. Alors que je m’attendais à rencontrer beaucoup plus de noirceur, j’ai rencontré plein de profs allumés, des écoles vivantes où il se passait de belles choses.»
Une aventure de 6e
Les porteurs d’espoir, c’est donc l’histoire du professeur Dominique Leduc et de sa classe de 6e année de l’école La Farandole, à McMasterville, qui expérimentent la méthode Recherche-action. Cette méthode, utilisée à ce jour au moins une fois par environ 400 enseignants au Québec, consiste à identifier, à analyser avec rigueur et à régler un problème relatif à l’environnement et qui ouvre l’école sur le milieu de vie.
Pour la classe de Monsieur Dominique, le défi n’était rien de moins que de combattre le vandalisme dans la petite ville de BelÅ“il. Fernand Dansereau a suivi les élèves dans leur projet du début à la fin de l’année scolaire 2008-2009. «Il y a plusieurs héros dans ce film, affirme l’homme de cinéma. Au début du tournage, les producteurs (l’ONF) m’ont demandé de focusser sur quelques enfants pour en faire les sujets principaux, mais je n’ai pas été capable.»
Le documentaire de 1 heure 30, dans lequel la narration se fait rare, nous présente des enfants attachants et aux personnalités diverses dans des moments de doute et d’espoir, d’échec et de réussite. «Ce qui rend le film intéressant, c’est que les enfants triomphent du doute», ajoute le réalisateur, qui a lui-même sept enfants et huit petits-enfants et qui affirme avoir été encore une fois émerveillé «par le mystère de la vie qui recommence».
Le scénariste continue en racontant que le film aurait pu avoir une facture bien différente. «À un moment donné, nous avons douté que les enfants réussissent leur projet», se souvient-il. Ceux-ci en sont finalement venus à bout, mais une partie de leur réussite fut détruite, des bancs de parc qu’ils avaient installés dans un boisé s’étant fait voler. «J’ai choisi de ne pas montrer cela dans le film, dit Dansereau. Je trouvais que l’essence de ce qui avait été vécu n’était pas là.»
Le devoir d’espérer
Ce documentaire est le deuxième film de Fernand Dansereau qui aborde directement la notion d’espoir, après Quelques raisons d’espérer, réalisé en 2001. «La notion d’espoir est très importante pour moi, raconte-t-il. C’est une espèce de devoir et un outil de travail. À l’ère des problèmes environnementaux, on sent une menace peser sur l’humanité. Il ne faut pas se laisser écraser. Il faut être optimiste et oser essayer.»
Les porteurs d’espoir
En salle dès aujourd’hui