Une plongée dans l'enfer
Armadillo, documentaire de guerre, nous plonge dans la vie d’un escadron de soldats danois en Afghanistan. Exceptionnel.
Armadillo, c’est la guerre
comme on ne l’a jamais vue. Parce que les armes sont réelles, comme le
sifflement des balles, les explosions, les cris, le sang, les morts.
Armadillo, c’est le nom d’une base avancée des forces internationales
au sud de l’Afghanistan. C’est là que Janus Metz et son responsable de
la photographie Lars Skree, se sont immergés, au sein d’un escadron de
jeunes Danois, partis pour une mission de six mois.
La séparation avec la famille, l’ennui, les patrouilles, les coups de
fil à la maison, les rencontres avec la population locale et les
violents combats : tout est filmé au plus près, grâce notamment à des
caméras fixées sur les casques des soldats.
Au fur et à mesure que le temps
passe, le cynisme des soldats croît. De plus en plus indifférents aux
souffrances de la population afghane, ils souhaitent juste "liquider"
du taliban. "Quand on fait partie d’un groupe qui vit avec cette
tension permanente, et où tout le monde adopte le même comportement, on
cesse de se poser des questions. On en vient même à penser qu’une
fillette tuée par un mortier n’est qu’un dommage collatéral et que ce
n’est pas si grave", explique Janus Metz qui, pour éviter d’être gagné
par cette attitude, a dû faire des pauses dans le tournage.
Il a quand même eu l’occasion de
vivre la guerre de tout près. "C’est effrayant et très séduisant car on
se sent d’autant plus vivant qu’on est proche de la mort." Mais, et
c’est ce que montre magistralement ce documentaire choc, "cela peut
devenir une addiction et éveiller chez les soldats des comportements
barbares".