Festival Fantasia: Le monde fantastique de Jay Baruchel
À l’adolescence, Jay Baruchel a souvent fait la file devant le cinéma Impérial pendant Fantasia. Encore aujourd’hui, on peut voir une affiche de la toute première édition du festival sur les murs de sa chambre. Jeudi matin, le comédien semblait profondément ému à l’idée de donner, plus tard en soirée, le coup d’envoi de l’événement avec The Sorcerer’s Apprentice.
Dans la superproduction des studios Disney signée Jon Turteltaub (National Treasure), Baruchel incarne Dave Stutler, un petit génie que le magicien Balthazar (Nicolas Cage) prendra sous son aile dans sa lutte contre le puissant Maxim (Alfred Molina) et les forces du Mal. Nous avons discuté avec l’étoile montante du cinéma de genre.
Après The Trotsky, voilà que tu incarnes un autre personnage qui devait se faire tabasser au secondaire. C’est quoi cette fascination pour les rôles de tronches en puissance?
Je dois être le gars qu’on appelle quand on a besoin d’un nerd dans un film! Mais je comprends. J’ai toujours été lunatique et assez bizarre. Je suis un hermite. Quand je suis à la maison, je m’éloigne très rarement de mon quartier. Quand je ne travaille pas, je lis d’étranges magazines ou je regarde de curieux films jusqu’à cinq heures du matin.
Est-ce difficile de jouer de tels personnages sans verser dans la caricature?
Tout à fait. Quand tu as le premier rôle dans un film, tu dois t’assurer de rester sympathique aux yeux du public. Tu ne peux pas y arriver si tu tombes dans les clichés. Plusieurs acteurs oublient qu’on est au service de l’histoire. Si tu te mets à improviser ou à pousser les choses un peu trop loin, tu risques de tout gâcher. Dans le cas d’un personnage de tronche, si tu joues les bizarroïdes disjonctés, personne ne va y croire.
The Sorcerer’s Apprentice est bourré d’effets spéciaux. Était-ce la première fois que tu avais à jouer autant de scènes devant un écran vert?
Oui. Et chacune d’elles a pris un temps fou! Le tournage de The Sorcerer’s Apprentice nous a occupés pendant six mois! À elle seule, la bataille finale a pris deux mois et demi à tourner. C’est l’équivalent de deux films canadiens!
Outre la durée, qu’as-tu trouvé difficile pendant le tournage de ces scènes?
Nicolas [Cage] et moi en parlions souvent sur le plateau : pour des gars comme nous, des rêveurs chroniques, la partie « on fait semblant qu’il y a un taureau qui s’énerve et qu’on s’envoie des boules d’énergie », c’était facile. On se prépare à jouer ça depuis qu’on est petits. Je peux partir dans la lune à tout moment. Ce n’était donc pas très dur de m’imaginer qu’un dragon me pourchassait!
Quand tu étais enfant, rêvais-tu de pouvoir jouer les héros dans un film d’aventure?
Bien sûr! J’ai toujours voulu tuer les méchants, sauver le monde et embrasser la fille. The Sorcerer’s Apprentice m’a permis de réaliser un rêve de jeunesse – celui de jouer les super héros – et de réaliser un fantasme très actuel – celui de pratiquer l’humour physique.
Alfred Molina a dit qu’il admirait ton assurance sur un plateau de cinéma pour quelqu’un d’aussi jeune…
Je fais ce métier depuis bientôt 16 ans. Je me sens très à l’aise sur un plateau de tournage parce que je sais exactement quoi faire… ce qui n’est pas toujours le cas en public, soit dit en passant!
Veux-tu dire que tu n’es pas aussi confiant dans la vie de tous les jours que dans ton métier?
Ma mère a toujours cru en moi. Quand j’étais petit, elle me répétait toujours que j’allais faire de grandes choses. Les mères disent toutes ça à leurs enfants, mais moi, je l’ai crue. Au secondaire, je cruisais toujours la plus belle fille de l’école. Je ne voyais pas pourquoi elle ne voudrait pas sortir avec moi, parce que ma mère m’avait toujours dit que j’étais un bon parti. Je devais donc être un bon parti! J’ai toujours joué le tout pour le tout.
The Sorcerer’s Apprentice
En salle dès mercredi
Propos controversés de Jacob Tierney: «Je suis d’accord avec lui»
Jay Baruchel a fait écho aux propos de Jacob Tierney, qui dénonçait vertement plus tôt cette semaine dans La Presse l’absence des réalités anglophone et immigrante dans la culture du cinéma québécois.
«Je ne comprends pas les gens qui s’entêtent à vouloir ne montrer qu’une facette du Québec, dit Baruchel en entrevue. Ça ne fait aucun sens de présenter une image du Québec tel qu’il était au temps de Maurice Duplessis. Nous sommes une société progressiste et multiculturelle.
Pourquoi est-ce qu’on ne le montre pas?» Jay Baruchel a tourné deux longs métrages sous la direction de Tierney : The Trotsky, sorti au printemps, et Good Neighbours, qui devrait prendre l’affiche cet automne. «Je le soutiens parce qu’il est mon ami, mais aussi parce que je suis d’accord avec lui», précise le Montréalais.