Maânouche Swing: Mélange subtil des styles et des époques
Quand le jazz manouche rencontre le jazz de Montréal. Tels sont les mots qu’utilise Lou Boustani pour décrire le groupe montréalais qu’il a fondé en 2003, Maânouche Swing Quintet. M. Boustani, guitariste du quintette qui se produira pour la première fois sur une scène du Festival de Jazz de Montréal, a répondu à quelques questions pour Métro.
Vous avez sorti un premier album en 2008, Django in Montréal, et votre deuxième Montreal Jazz-up, sortira l’automne prochain. Comment a évolué votre musique?
Le premier album était du jazz manouche plus traditionnel à la manière de Django Reinhardt. Il y avait de la guitare, de la contrebasse et de l’accordéon. Aujourd’hui, nous sommes cinq et nous voulons amener le jazz manouche plus loin. Maânouche Swing Quintet est une fusion du jazz plus traditionnel des années 1940 avec le jazz montréalais moderne. Nous avons incorporé deux cuivres : un saxophone et une trompette. Nous jouons des morceaux be-bop, du hard bop plus inspiré de Miles Davis, de John Coltrane. Le travail était d’incorporer une rythmique manouche au son plus moderne. Ça n’a jamais été fait auparavant. Et lorsque le festival a entendu parler de ça, les organisateurs nous ont aussitôt réservés.
Comment est la scène jazz à Montréal en dehors du festival ?
C’est une scène très active. On joue régulièrement au Dièse Onze, au Café Les Entretiens. Nous, on s’est rencontrés à la Casa Obscura. C’est un endroit à Montréal où tous les jazzmen se rencontrent pour jouer, échanger.
Parlez-nous un peu de l’école de jazz manouche que vous avez fondée à Montréal en 2007.
C’est la seule en Amérique du Nord. C’est un style qui vient d’Europe, donc qui est moins connu ici. Notre enseignement mise sur la transmission de la musique de façon orale et en jouant tous ensemble, comme le fond les manouches. C’est une manière foncièrement différente des autres écoles, qui se concentrent sur la théorie, la méthode, le papier. Comme disait Debussy : «La musique est partout, sauf sur le papier.»
Est-ce que le succès des Lost Fingers, qui ont d’une certaine façon popularisé le style, vous a apporté plus d’élèves ou un nouveau public?
Je ne sais pas s’ils l’ont popularisé, mais ils l’ont vulgarisé. Nous, en tant que musiciens jouant du jazz, on n’appelle pas ça du jazz manouche. Et je ne pense pas que ça nous a amené des étudiants. C’est vrai que, parfois, quand je dis que je joue du jazz manouche aux gens, ça leur dit quelque chose. Donc, quelque part, le phénomène Lost Fingers, c’est bien, ça peut attirer des gens vers cette musique. Mais en tant que musicien, je ne voudrais pas qu’il y ait de confusion entre ce qu’ils font et l’esprit de Django.
Maânouche Swing Quintet
Scène du Festival
Dimanche à 19 h et à 21 h