Soutenez

Woodstock ou le frisson de la liberté

Il n’a que 13 ans, tourne dans son premier film, mais s’exprime déjà comme le petit professionnel qu’il est. Sur le tournage de Frisson-des-collines hier, l’équipe n’avait pas assez de mots pour dire son sérieux et sa justesse sur le plateau. Antoine Pilon n’a pourtant qu’une petite expérience d’acteur à son actif : une publicité pour RDS il y a quelques mois. Il a tenté sa chance au casting pour le dernier film de Richard Roy, et a obtenu le rôle.

«J’ai voulu faire du cinéma en regardant les films à la télévision, raconte-t-il. Je voyais les comédiens interpréter des émotions, être en colère, pleurer et je me demandais : « Comment ils font ça? » C’est ce qui me plaît dans le cinéma, interpréter des émotions.» Le garçon, qui entre en secondaire 2 dans quelques jours, compte faire des études de cinéma et a l’air d’être comme un poisson dans l’eau, entouré par quelques comparses de son âge et beaucoup d’adultes.

Antoine Pilon incarne Frisson, un jeune garçon «énergique et attachant» qui vient de perdre son père de manière tragique. Nous sommes en 1969 dans la campagne québécoise, et Frisson habite un petit village où tout le monde se connaît. C’est Sainte-Scholastique qui a été choisi comme décor. Une petite friterie-bar a été montée au cÅ“ur du village pour l’occasion.

Frisson y croise souvent Tom?Faucher, un gars du village qui enchaîne les petits boulots et traîne son allure de baroudeur mal rasé sur sa Harley 66. «Je deviens un peu le grand frère de Frisson quand il perd son père», raconte Guillaume Lemay-Thivierge, qui incarne le personnage. Comme beaucoup de gens de cette génération à ce moment-là, en juillet 1969, Tom Faucher ne rêve que d’une chose : aller à Woodstock voir jouer son idole : Jimi Hendrix.

«Dans ce personnage, je retrouve un peu mon père, confie l’acteur. Il était exactement comme mon personnage. C’était un hippie, il avait soif de liberté, de voyage.» On sent qu’il a une certaine émotion à revivre et à comprendre cette période de la vie paternelle. Lorsqu’on lui demande s’il connaît bien Hendrix, il avoue ne pas être un grand fan. «En tout cas, pas comme Richard Roy qui, lui, est un vrai fan, passionné. J’en parle régulièrement avec lui et c’est sa passion qui me nourrit et qui me permet de la transmettre à mon tour à Frisson.»

La passion du personnage serait donc celle du réalisateur? «Je pourrais fredonner toutes les chansons d’Hendrix par cÅ“ur», confirme le réalisateur et co-scénariste. Ceci expliquerait donc cela, mais ce n’est pas la seule raison qui a poussé Richard Roy a situé son film en 1969. «C’est l’année où l’homme a marché sur la Lune, l’année du premier guichet automatique, du premier Boeing, de la mini-jupe, de la guerre vue à la télévision, des Doors, de John Lennon, énumère-t-il.  Il y avait un tel brassage d’idées!»

Avec Frisson-des-collines, Richard Roy s’éloigne des films plus sombres qu’il a réalisés ses dernières années. «Il y a toujours plusieurs films en un réalisateur. Je ne veux pas du tout me comparer à lui, mais regarde la diversité des films de Steven Spielberg. Avec ce film, je reviens vers la comédie dramatique.» Frisson-des-collines sortira en salles en avril 2011.

Antoine Bertrand: D’un animateur à l’autre

Nous vous présentions hier Antoine Bertrand, très distingué pour
animer la nouvelle émission de la télévision de Radio-Canada Les
enfants de la télé. Dans Frisson-des-collines, il incarne Burger, «un
gros gars qui s’amuse aux dépens de tout le monde. Son char, c’est lui.»
On imagine volontiers un gros pickup bruyant. «Ce personnage me plaît parce qu’il est exubérant, il parle fort, mange gros. Je peux me laisser aller, alors que plusieurs des rôles que j’ai interprétés ces derniers temps étaient tout en retenue.»

Woodstock
Richard Roy «Woodstock, ce n’est pas Napoléon, mais ça reste l’un des moments les plus importants de notre histoire. Pendant trois jours, 400 000 personnes ont cru qu’elles pouvaient changer le monde!» Guillaume Lemay-Thivierge «J’aurais aimé vivre cette époque pour voir se mettre en place les changements qui ont eu lieu depuis, pour pouvoir ressentir l’espoir d’un monde meilleur. Et aujourd’hui, quand un groupe arrive, tu sais que ce ne sera pas les Beatles.»

Antoine Pilon «Je ne connaissais pas du tout Woodstock avant de faire le film, ni Jimi Hendrix. Mais sa musique me plaît beaucoup. C’est ce qui me plaît sur le tournage : j’apprends beaucoup de nouvelles choses.»

Articles récents du même sujet

Mon
Métro

Découvrez nos infolettres !

Le meilleur moyen de rester brancher sur les nouvelles de Montréal et votre quartier.