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Hugh Hefner: Chaud lapin

Hugh Hefner a célébré son 84e anniversaire en avril dernier. Pour la majorité des gens, il est le fondateur de la revue Playboy, qui fait le bonheur d’une clientèle principalement masculine depuis 1953. Les féministes le détestent, l’accusant d’exploiter le corps des femmes. Les hommes le jalousent, le voyant constamment au bras de jolies nymphes. Mais qu’en est-il vraiment?

C’est à cette interrogation que tente de répondre Brigitte Berman avec son nouveau documentaire Hugh Hefner: Playboy, Activist and Rebel. Le récit ressasse 50 ans d’histoire américaine, du puritanisme de l’époque aux combats pour les droits civiques, de la liberté d’expression aux manifestations contre la guerre au Vietnam. «S’il n’y avait pas eu ces sujets, je ne pense pas que j’aurais tourné ce film, confie la cinéaste domiciliée au Canada. Je ne voulais pas faire une biographie. Je voulais traiter de ces questions en montrant comment monsieur Hefner a influencé la société sur le plan de la culture, de la politique, etc.»

Au lieu d’imiter Milos Forman, qui a transposé pour le cinéma l’existence de Larry Flint, celle qui a remporté un Oscar pour Artie Shaw: Time Is All You’ve Got a préféré suivre le chemin de l’objectivité. Cela nécessitait donc une tonne d’entrevues. Les Mike Wallace, Gene Simmons, Jesse Jackson et George Lucas se succèdent aussi devant la caméra, vantant ou dénonçant les actions de l’influent homme d’affaires. La cerise sur le gâteau est la participation de Hugh Hefner lui-même. «Je n’en revenais pas lorsqu’il m’a donné son aval, raconte la réalisatrice. Il a aimé le traitement et les sujets que j’abordais tout en me laissant carte blanche, ce qui était primordial pour moi.»

Brigitte Berman a même découvert quelqu’un qui tranchait avec les clichés usuels et qui était si loin de ses idées préconçues. «Avant de le rencontrer, tout ce que je connaissais de lui était Playboy et son célèbre château. J’étais très curieuse de rencontrer cette icône de l’Amérique.Nous avons parlé de jazz et de cinéma. C’est une encyclopédie du septième art. Il diffuse des films chez lui quatre fois par semaine, et les discussions qui s’en suivent sont plus intéressantes que n’importe quel cours universitaire.»

«Je ne veux pas dire aux gens quoi penser, continue la réalisatrice, qui a choisi d’éliminer totalement la traditionnelle narration propre au genre. C’est au public de décider si son influence a été positive ou non. Nous jugeons tellement rapidement sans connaître le fond de des choses.»

Hugh Hefner: Playboy Activist and Rebel
En salle vendredi

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