Al Pacino, l’homme de confiance
Comme son personnage dans Stand Up Guys, Al Pacino revient pour nous sur le fil de sa vie.
Dans Stand Up Guys, Al Pacino joue un vieux criminel libéré après 28 ans derrière les barreaux. Accueilli, à sa sortie, par son vieux compagnon (Christopher Walken), il se remémore plusieurs pans de sa vie, tout en se demandant de quel bois il est fait. Métro a donc profité de cet entretien pour voir où l’acteur de 72 ans en était dans sa vie. Voici ce qui est ressorti de la conversation.
Pas mûr pour la retraite
«Je ne sais pas ce que ça veut dire exactement, la retraite. On se retire pour faire quoi, au juste? Quel est le sens de tout ça? Des fois, je me demande encore pourquoi je fais ce que je fais. D’autres fois, je ne me soucie pas de ça du tout. Je crois qu’il faut d’abord s’écouter et établir ce qu’on est encore capable de faire. Si un rôle m’intéresse, me titille ou me stimule, je ne vois pas pourquoi je le refuserais.»
Un réalisateur non accompli
«Je ne sais pas ce que je fais de mal. Parfois, après avoir dirigé un film, je m’assois, je regarde des séquences et j’espère de tout cœur qu’on arrivera à le rendre meilleur au montage! [Rires] J’ai réalisé quatre ou cinq films dans ma carrière. Seulement un a vu le jour, mais j’ai dirigé d’autres projets que j’ai financés de ma poche. Spielberg m’a dit un jour de ne jamais financer un film avec mon argent personnel. Il avait raison. Mais en même temps, j’ai eu beaucoup de plaisir à faire ces films. Je suis content de les avoir réalisés. Je recommencerais demain matin. J’essaie depuis quelque temps de mettre sur pied un projet sur le peintre Modigliani. Je réaliserais le film ou je le produirais. C’est mon idée. Depuis toujours, je rêve de jouer Modigliani, mais je suis beaucoup trop vieux maintenant.»
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Un acteur pas toujours facile à diriger
«Il ne fait aucun doute qu’il est plus facile de travailler avec moi aujourd’hui que quand j’étais plus jeune. Aucun doute! On me le dit, d’ailleurs. [Rires] Il y a quelques années, je n’étais pas un acteur facile à diriger. S’il y a une chose que j’ai apprise en faisant de la réalisation, c’est ce que peut vivre un cinéaste avec ses acteurs. L’ayant moi-même expérimenté, je suis bien plus compréhensif et empathique en ce qui touche le travail des autres.»
La passion du poker
Depuis plusieurs années, Al Pacino s’adonne à un passe-temps qui le rend particulièrement heureux : le poker. «Ce que j’aime par-dessus tout dans le poker, c’est que c’est un jeu, et rien qu’un jeu. Je ne mise pas de gros montants. C’est pour le plaisir; j’adore le groupe d’amis avec lequel je joue. Ce sont de vieux copains. J’aime qu’on se rassemble régulièrement. C’est très réconfortant pour moi. Souvent, j’en oublie même le jeu. On est surtout autour de la table pour parler, ce que j’apprécie énormément. En se concentrant sur ce moment, on finit par oublier tout le reste. Ça devient une activité très zen en fin de compte. C’est comme de la méditation!»
Le réalisateur de Stand Up Guys, Fisher Stevens, s’est joint, pour une partie, au groupe de Pacino. Réussissait-il à garder un visage impassible? «Fisher n’était pas très bon! Mais ce qui était hilarant, c’est qu’il était convaincu du contraire! Alors nous avons décidé de l’encourager! S’il lit ces lignes, je suis foutu!»
Stand Up Guys
En salle dès vendredi