Culture

Québec et Ottawa injectent 16 M$ pour refaire une beauté au TNM

Québec et Ottawa injectent 16 M$ pour refaire une beauté au TNM
Photo: Pablo Ortiz/MétroLe Théâtre du Nouveau Monde (TNM), sur la rue Sainte-Catherine, est situé en plein coeur du Quartier des spectacles.

Le Théâtre du Nouveau Monde (TNM) fera peau neuve. Jusqu’en septembre 2022, les gouvernements investiront 16 M$ pour rénover l’intérieur du bâtiment ainsi que la signature architecturale de cette institution culturelle de la rue Sainte-Catherine.

Les locaux d’accueil et de diffusion, des ateliers créatifs et des bureaux administratifs seront notamment rénovés, ont annoncé mardi les deux paliers de gouvernement.

«Ce projet-là était sur les tablettes depuis 2010 et on en parlait depuis 2007. Moi, j’ai décidé que ça allait aller de l’avant», explique à Métro la ministre provinciale de la Culture et des Communications, Nathalie Roy.

Québec a annoncé mardi un soutien financier de 11,9 M$ pour soutenir le chantier. Ottawa allongera pour sa part 4 M$. La Ville de Montréal participera aussi au montage financier avec une contribution de 1 M$.

Des espaces supplémentaires

Une tour de création supplémentaire sera notamment érigée près du boulevard René-Lévesque. De la même hauteur que le bâtiment actuel, elle renfermera des ateliers dédiés à l’art éducatif et thérapeutique, ainsi qu’un espace d’exploration des techniques de scène. Un nouveau costumier installé dans un endroit vitré et accessible au public y sera également intégré.

Sur la rue Sainte-Catherine, une seconde salle de répétition verra aussi le jour. L’espace actuel est «suroccupé», selon l’institution.

«Les dernières rénovations ici remontent à 1997, et ça avait été mené rapidement. C’est en vivant dans un théâtre qu’on en voit les défauts», avance la directrice générale du TNM, Lorraine Pintal, en entrevue à Métro.

«On veut permettre à des jeunes artistes d’avoir l’espace de vivre des expériences théâtrales ici», ajoute-t-elle.

Selon Mme Pintal, les impacts sur la clientèle seront «minimes» pendant les travaux. Le théâtre continuera de présenter les spectacles prévus à la programmation.

«On dit souvent que le théâtre est art éphémère, mais il a besoin de lieux durables.» -Lorraine Pintal, DG du TNM

Le privé s’engage

Pour la ministre Nathalie Roy, l’investissement est surtout significatif pour tout un écosystème artistique.

«Ce sont 200 personnes qui travaillent, jouent et vivent avec le TNM. Pour nous, c’est un moteur théâtral très important pour Montréal et tout le Québec», argue-t-elle.

Une campagne menée par le TNM auprès du secteur privé a aussi permis d’amasser 1,5 M$. Une preuve que le milieu des affaires et celui de la culture peuvent se marier «sans que ce ne soit forcé», ajoute Mme Pintal.

La somme des montants recueillis devrait permettre à l’organisme de répondre «plus adéquatement» aux défis techniques croissants de l’industrie.

Dans un communiqué, le ministre du Patrimoine canadien, Pablo Rodriguez, a dit investir dans un endroit fantastique. «Un espace où on vit toute une gamme d’émotions: on rit, on pleure, on se choque, on repense le monde», dit-il.

Lorraine Pintal et Nathalie Roy. Photo: Pablo Ortiz/Métro

Une révision pour les régions

Si les régions reçoivent moins d’investissements que les grandes villes en matière de culture, la tendance serait sur le point de changer, d’après la ministre Roy. En entrevue à Métro, l’élue a promis des «bonifications importantes» pour la culture en région, «partout où les gens considèrent qu’ils sont sous-financés».

«Les régions, c’est le temps qu’elles aient de l’argent. Les sous vont être mieux distribués à la grandeur du Québec pour toutes les organisations culturelles de façon équitable, ce qui n’était pas le cas jusqu’ici.» -Nathalie Roy, ministre de la Culture

Mme Roy assure que les artisans sont en droit de s’attendre «à une année forte en investissements culturels». «Tous les dossiers sont à l’étude, et on fait avancer ceux qui sont prêts», lâche-t-elle.

Entre 2016 et 2018, le gouvernement Couillard avait octroyé une subvention de 1,4 M$ au TNM pour procéder à des travaux «urgents» d’entretien.