Culture

Lance et compte: repartir à zéro… ou presque

Après La reconquête (2004), La revanche (2006) et Le grand duel (2009), voici Lance et compte : Le film, un long métrage qui, comme son titre l’indique, marque clairement l’arrivée de la télésérie culte des années 1980 au grand écran. Contrai­rement à ses prédécesseurs, l’intitulé de ce nouveau chapitre reste on ne peut plus flou sur la trame narrative de l’Å“uvre, une réalité dont Réjean Tremblay est pleinement conscient.

«Si j’avais eu le choix, j’aurais probablement opté pour quelque chose comme Se relever», indique l’auteur de la saga. Le scénariste et chroniqueur sportif tape dans le mille : le thème du redressement est au cÅ“ur de Lance et compte : Le film, qui relate les lendemains d’un accident d’autobus spectaculaire qui emporte une partie du National, plongeant l’organisation et la Vieille Capitale dans le deuil.

«C’est tout un drame, souligne Marina Orsini, alias Suzie Lambert. C’est aussi l’excuse parfaite pour réaliser un film. On amène ces personnages plus grands que nature au cinéma avec une tragédie incroyable.» «C’est la reconstruction, dit Marc Messier, qui campe l’entraîneur caractériel du National, Marc Gagnon. On doit passer au travers de cette épreuve et remettre l’équipe sur les rails.»

Quand Marc Gagnon pète les plombs
Après 25 ans, les comédiens de Lance et compte connaissent si bien leurs personnages qu’ils n’ont pas toujours besoin des mots de Réjean Tremblay pour tourner une scène. C’est notamment le cas de Marc Messier, qui a pondu l’une des répliques les plus mémorables du long métrage lors d’une séance d’improvisation avec le cinéaste Frédérik D’Amours (À vos marques… Party!) Désirant montrer le personnage de Marc Gagnon discuter des déboires de son équipe chérie avec la presse, le réalisateur a allumé sa caméra et a bombardé de questions son acteur principal.

«Il m’a dit : « Je vais faire le journaliste et toi, tente de répondre du mieux que tu peux », raconte Messier. Après 10 ou 15 questions chiennes, j’ai fini par péter les plombs!» Les spectateurs verront le fruit de cet exercice à l’écran, quand l’entraîneur du National de Québec lance la phrase suivante au journaliste qui lui fait face  : «Tu commences à me taper sur les nerfs avec tes ostis de questions de câlisse!» 

Trop beau pour être vrai?
À la sortie d’un bar, un joueur de hockey frappe un chauffeur de taxi au visage. En état d’ébriété lors de l’altercation, le jeune attaquant de 23 ans est ensuite échangé par son propre père qui – comble du hasard – occupe le poste de directeur général de l’équipe. Une des intrigues de la prochaine saison de Lance et compte, vous dites? Pas du tout. Il s’agit plutôt d’une histoire vraie qui défraie la chronique à Calgary depuis quelques jours.

Ce genre de manchette fait le bonheur de Réjean Tremblay, qui s’en inspire pour relater les péripéties de la famille Lambert dans sa populaire série. Pour Lance et compte : le film, l’auteur et journaliste sportif s’est tourné vers les règlements méconnus de la Ligue nationale de hockey, notamment celui voulant qu’en cas de crash d’avion, l’équipe disséminée puisse piger à même l’alignement des clubs adverses pour se rebâtir.

«Mais la LNH ne prévoit absolument rien en cas d’accident d’auto­bus, dit le scénariste. Je trouvais que ça faisait une bonne amorce pour un film.» Réjean Tremblay a déjà commencé à écrire la suite de Lance et compte, qui aura pour titre La déchirure et qui marquera le retour de la saga au petit écran. Cette fois-ci, l’auteur s’est penché sur l’affaire Ryan O’Byrne, ce joueur du Canadien qui a passé une nuit en prison pour avoir volé la sacoche d’une jeune femme… «Moi, je connais la vraie histoire derrière tout ça et je vais la raconter dans la prochaine saison», promet-il. 

Lance et compte : Le film
En salle dès le 26 novembre

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