Culture

«Faux départs»: de la chair et puis s’en va

«Faux départs»: de la chair et puis s’en va

Mercredi sur ICI TOU.TV, la nouveauté Faux départs sera dévoilée avec huit courts épisodes déposés gratuitement sur le site.

Juste ça, c’est une belle nouvelle. On donne de l’amour à la portion non monétisée de la plateforme avec une nouvelle fiction interprétée par un couple populaire chez les plus jeunes: Catherine Brunet et Antoine Pilon.

À l’écriture, on retrouve le prolifique Jean-Philippe Baril Guérard qui, après quelques romans, des nouvelles et du théâtre, se mouille pour la première fois au niveau de la scénarisation télé (web). Cette histoire d’amour atypique a donc de quoi séduire quand on regarde la prémisse du projet et les artisans derrière.

Faux départs
Faux départs

Mais il est un peu là le problème: la production ne saute pas des pages.

Après deux épisodes, on sent la plume aiguisée et acide de Baril Guérard qui a, sans l’ombre d’un doute, l’art du dialogue. Le va-et-vient lyrique coule bien, sans vouloir emprunter aux thématiques plus charnelles de la série. Mais cet aplomb dans les dialogues ne se transmet pas au reste de la production. Il n’y a pas de façon élégante de le dire: on dirait une commande plutôt qu’un projet incarné.

La réalisation est bancale, voire banale, avec une surdose de musique d’ambiance et de plans de coupe. J’ai plus l’impression de visionner un tutoriel sur comment construire une histoire d’amour plutôt qu’une histoire de passion entre deux jeunes adultes en dérive parallèle.

Ainsi, la nudité est cadrée serrée, la fumée de cigarette offre de l’ambiance, on entre et sort des plans au ralenti et on appuie très fort sur le fait que les personnages sont «brisés» et qu’il ne s’agit pas d’une histoire d’amour – même si c’est une histoire d’amour.

J’aime beaucoup l’initiative d’offrir plusieurs courtes séries sur la plateforme numérique, mais faudrait peut-être donner les moyens aux équipes de produire quelque chose d’un peu plus étoffé. Ici, on dirait qu’on fait du contenu pour faire du contenu. C’est dommage, parce que Brunet et Pilon, en couple dans la vraie vie, ont une chimie évidente à l’écran et des performances honnêtes vu les circonstances.

C’est juste que vous allez très vite oublier Faux départs après votre visionnement. Ça va se perdre dans la mer de séries où de beaux jeunes gens se rencontrent, baisent en masse et puis se rendent compte qu’ils sont pas mal différents malgré leur attirance évidente. Cela dit, c’est toujours le fun regarder des gens se consommer à l’écran, même si le lendemain on quitte sans jamais y revenir.

Comme après une rencontre inespérée tard le soir.