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TLMEP – Patrick Huard inquiet pour la télé québécoise

Patrick Huard sur le plateau de TLMEP.
Patrick Huard Photo: Facebook - TLMEP
Marie-Josée R. Roy - Collaboration spéciale

La télé québécoise traverse une crise financière qui s’éternise, et Patrick Huard en a long à dire sur le sujet. Après un cri du cœur pour la culture d’ici à Dans les médias en début d’année, l’artiste s’est à nouveau prononcé ouvertement à Tout le monde en parle (TLMEP), dimanche, concernant les coupes dans les productions de fiction au petit écran.

Patrick Huard était invité au rendez-vous dominical radio-canadien pour discuter de la série Bon Cop, Bad Cop, dérivée des films à succès du même titre, dont les premiers épisodes arriveront sur Crave le 7 mai. Instigateur et vedette des longs métrages, Huard porte à nouveau tous les chapeaux sur la version télévisée de Bon Cop, Bad Cop, assumant les rôles d’auteur, réalisateur, acteur et producteur.

Guy A. Lepage a amené son interlocuteur à parler des tumultes qui secouent son industrie, en citant un article récent de La Presse dans lequel Patrick Huard déplorait les faibles investissements du gouvernement de la Coalition Avenir Québec (CAQ) en culture.

«En fiction, les budgets ont baissé de 35 % depuis 2023», a résumé Patrick Huard pour illustrer son point de vue.

«La dernière fois que j’ai checké, le gaz n’a pas baissé de 35%, le 2 x 4 n’a pas baissé de 35%, la main-d’œuvre n’a pas baissé de 35%», a-t-il ironisé.

«Travailler bénévole»

Concrètement, sur le plateau de Bon Cop, Bad Cop, comment se sont répercutées ces baisses de budgets?

«De ce point de vue-là, ç’a été extrêmement difficile», a répondu à Tout le monde en parle celui qu’on voit aussi à la barre de Deux hommes en or et Rosalie, LOL: Qui rira le dernier? et, bientôt, Fear Factor Célébrités. «De se déplacer pour aller tourner à l’extérieur, il faut être fou pour faire ça…»

Au coanimateur de la soirée, Pierre-Yves Lord, qui voulait savoir si le projet Bon Cop avait été déficitaire, Huard a répondu qu’il «avait travaillé deux ans bénévole [sic]».

«J’ai tout remis mes salaires. (…) Mes salaires de réalisateur, de scénariste, d’acteur, de producteur, j’ai tout remis dans la série. Sinon, c’était impossible de le faire.»

«Quand tu veux aller tourner à l’extérieur, tu es toujours dans un catch 22 [situation sans issue, NDLR]. Ça coûte une fortune, aller tourner à l’extérieur, mais les gens qui sont à l’extérieur du Plateau Mont-Royal ont le droit de se voir à la télé. Ils ont le droit de se reconnaître dans nos histoires. [Notre territoire], c’est notre plus belle richesse, et on n’a pas les moyens, nous, comme créateurs, de le montrer.»

«On peut faire semblant. On peut aller dans le Mont-Saint-Hilaire et faire semblant qu’on est à Val-d’Or, mais on n’aura pas la vibe, le rythme (…) de Val-d’Or. On le fait, mais on ne se rend pas compte à quel point on passe à côté d’une richesse exceptionnelle. Et ce n’est pas par manque de talent et d’imagination! Moi-même, sur le plateau de Bon Cop, j’ai été obligé de dire à mon équipe, à un moment donné: « Je suis désolé, les chums, je ne peux me payer que 20% de votre talent »«, a poursuivi Huard. Il nomme en exemple les dessins «malades» esquissés par un directeur artistique, qu’il n’a pu matérialiser à l’écran, faute de moyens pour les fabriquer.

Hockey et dick pics

Invité à Tout le monde en parle pour donner suite au cri d’alarme d’Amnistie internationale sur les conditions de vie difficiles de la communauté atikamekw de Manawan, Francis Verreault-Paul, chef de l’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador, est aussi revenu sur son passé d’hockeyeur. Lui qui fut jadis capitaine des Saguenéens de Chicoutimi et membre des Redmen de l’Université McGill. Le nom de l’équipe a été changé en 2019 (pour Redbirds), parce que jugé offensant pour les Premières Nations.

Monsieur Verreault-Paul, lui, soutient n’avoir jamais été inconfortable avec l’ancienne appellation.

«Mais je comprends ceux et celles [pour qui] ça pouvait créer un malaise. Moi, j’ai demandé aussi, aux gens (…) de ma communauté, de ma famille, s’ils avaient un enjeu avec ce nom-là. Pour eux, c’était une fierté, en fait (…) Moi, mon expérience à McGill a été simplement extraordinaire», a expliqué celui qui a aussi joué au hockey aux États-Unis et en Europe.

Autre invitée de TLMEP, France D’Amour est venue parler de son nouvel album, Symbiose. La chanson Le pique-nique parle des très indésirées dick pics (photos de sexe masculin) sur un air pimpant. Un texte autobiographique, a précisé la chanteuse, qui a enchaîné avec une anecdote, celle d’un homme lui ayant exhibé son sexe alors qu’elle marchait un soir sur la rue Masson, à Montréal.

«Ce qui m’a troublée, plus que son petit pénis, c’est vraiment les yeux, le regard. Il avait quelque chose de mort, d’apathique… Il avait une souffrance dans son regard. C’est plus ça qui m’a marquée. J’ai continué ma route…», a relaté France D’Amour.

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