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French Kiss: mon mensonge d'amour

Marc-André Lemieux - Métro

Pour draguer, Claude Legault évite les clichés. C’est du moins ce qu’il soutient. Quand vient le temps de séduire, l’acteur ne pige pas dans le répertoire des phrases préconçues. Des trucs du genre «Viens-tu ici souvent?» ou encore «Qu’est-ce que tu manges pour être belle de même?» Contrairement à son personnage dans French Kiss, il préfère la subtilité… ce qui n’est toutefois pas toujours le cas de celles qui l’approchent dans la vraie vie.

«Quand je commençais à être connu, il y avait des filles qui m’abordaient de façon hyper agressive, raconte-t-il. Pour montrer qu’elles n’étaient pas impressionnées, elles devenaient odieuses avec moi. C’était weird. Une fois, dans un bar, il y en a une qui est venue s’installer à côté de moi, et la première chose qu’elle m’a dite, c’est : « Moi, les vedettes de cinéma, j’en ai rien à câlisser! » J’avais le goût de lui répondre : « Eh ben, dans ce cas-là, décrisse! »»

Dans la comédie romantique French Kiss, Legault incarne Fred, un célibataire d’une quarantaine d’années qui aborde les femmes avec la réplique suivante : «On s’est pas déjà vus quelque part?»

D’apparence inoffensive, ce pick-up line se révèle problématique lorsque la nouvelle proie du playboy, une jolie bibliothécaire prénom­mée Juliette (Céline Bonnier), lui répond par l’affirmative. Apparemment, la belle se souvient de lui. «Robert, du cours de bio au cégep!» lui lance-t-elle sur un ton surexcité. Pris de court, Fred acquiesce et se fait passer pour Robert, sans lui avouer qu’il y a erreur sur la personne…


Entrevue vidéo avec les
comédiens et le réalisateur du film

Avec French Kiss, José Fréchette (Ramdam, Les intrépides, Tribu.com) tente de mesurer l’espérance de vie d’une histoire d’amour qui repose sur un mensonge. Selon la scénariste, toute vérité n’est pas bonne à dire, surtout quand on est en couple. «Si je demande à mon chum : « Chéri, est-ce que j’ai engraissé? », la réponse est non… même si c’est vrai!» lance-t-elle en riant.

Sylvain Archambault (Les Lavigueur, la vraie histoire, Piché : entre ciel et terre) abonde dans le même sens. D’après le réalisateur, un couple peut recourir à certaines demi-vérités pour éviter les conflits. «Mais si le rapport entre l’homme et la femme est basé sur un mensonge, là on tombe dans la malhonnêteté, précise-t-il. On ne peut pas arriver à un véritable amour – basé sur l’échange, la confiance et l’abandon – si on se ment constamment.»

French Kiss marque les retrouvailles de Sylvain Archambault et de Céline Bonnier, qui faisait partie de la distribution de Pour toujours, les Canadiens. Le cinéaste ne tarit pas d’éloges sur sa protégée, qu’il considère comme la plus grande comédienne de sa génération. «Elle a tous les talents, cette fille, déclare-t-il. Avec ce film-là, elle montre qu’elle est aussi capable de jouer des personnages légers et pleins de vitalité.»

Mieux connue pour ses incursions du côté obscur de la force («J’ai souvent fait des rôles plus dramatiques de filles maganées, droguées ou mal prises», reconnaît la principale intéressée), Céline Bonnier s’est beaucoup amusée à explorer des zones plus lumineuses. Durant le tournage du film, elle a même dû s’abandonner à la pop sucrée de Las Ketchup, reproduisant avec une précision chirurgicale la chorégraphie exécutée par le trio pop féminin dans le vidéoclip de la chanson Asereje. «Je l’ai eue dans la tête pendant une semaine non-stop! Je me réveillais la nuit avec cette toune-là!» s’exclame la comédienne.

Le plane spotting : prêt pour le décollage
French Kiss lève le voile sur un drôle de phéno­mène : le plane spotting. Les adeptes de cette activité urbaine, communément appelés plane spotters, se postent chaque jour près des aéroports pour observer le mouvement incessant des appareils.

L’été dernier, Sylvain Archambault et son équipe ont passé près de 12 heures aux abords de l’aéroport Pierre-Elliott-Trudeau pour le tournage du film. «Je ne savais pas que ça existait», admet Céline Bonnier.

Au départ, les comédiens ont été séduits par ce hobby auquel s’adonne un cercle restreint d’initiés. Mais après une centaine d’atterrissages et de décollages, l’émerveillement a fait place au désenchantement. «À la fin de la journée, on était tannés des gros 747 qui donnent l’impression que tout va arracher», dit Claude Legault. «À un certain point, ça va faire! renchérit Céline Bonnier. T’as compris le pattern!»

Détail intéressant : c’est seulement après avoir ter­miné l’écriture de French Kiss que la scénariste José Fréchette a réalisé que le plane spotting était une métaphore de la relation entre les personnages de Juliette et de Fred. «Quand on va voir des avions voler au-dessus de nos têtes, c’est tellement immen­se, tellement plus fort que nous. C’est un peu comme l’amour : ces gens-là embarquent dans une histoire qui n’a pas de bon sens parce que les forces qui les attirent l’un vers l’autre sont trop puissantes.»

French Kiss
En salle le 11 mars

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