Oliver Schmitz signe le drame social: Life, Above All
Il y a des rencontres qui ne sont pas fortuites. L’écrivain canadien Allan Stratton a publié en 2004 le livre Chanda’s Secrets, où il raconte le combat quotidien d’une jeune Africaine qui, tout en s’occupant de ses proches, essaie de comprendre pourquoi les gens de sa communauté stigmatisent sa mère malade. L’adaptation cinématographique de ce livre, intitulée Life, Above All, a été confiée à Oliver Schmitz qui a grandi en Afrique du Nord, et dont la plupart des projets portent sur ce continent.
«La lecture de ce bouquin a été tellement importante pour moi, dit le réalisateur. Au début des années 1990, deux amis sont morts du sida. Ils n’ont jamais pu en parler, ni même prononcer le mot. Ça m’a bouleversé et je me suis servi de cette expérience pour décrire ce climat de peur qui règne dans la société.»
Malgré le matériel de base et les connaissances qu’il possédait déjà sur le sujet, le cinéaste, qui vit maintenant à Berlin, a tenu à faire ses recherches sur le terrain.
«Ce qui est vraiment venu me chercher, c’est de rencontrer cet enfant de 14 ans qui prenait soin de ses jeunes frères et sœurs, et ce, depuis 3 ans. Ils devaient survivre sans aide extérieure. La famille était tenue à l’écart à cause de la maladie. Ensuite, j’ai lu les statistiques et j’ai réalisé qu’il y a au moins 800 000 enfants dans cette situation. C’est là que j’ai compris l’ampleur de cette tragédie.»
C’est arrivé près de chez vous
entrevue. Comme pour le long métrage The First Grader, de Justin Chadwick, qui a récemment pris l’affiche à Montréal et qui se déroule sur le territoire africain, Life, Above All mélange acteurs professionnels et amateurs. Le récit a été tourné en langue sepedi, et l’essai a été retenu au Festival de Cannes, comme les précédentes offrandes du metteur en scène, Mapantsula et Hijack Stories.
Plus souvent qu’autrement, les histoires qui se déroulent sur le plus vieux des continents baignent dans des climats de violence et de pauvreté, mais Life, Above All cherche à échapper à cela. «Je voulais définitivement éviter cette impression, assure Oliver Schmitz, qui a offert par le passé un court métrage qui se trouve sur le populaire Paris, je t’aime. Je pense qu’il y a beaucoup d’espoir qui se dégage de mon film, spécialement chez mon personnage principal. Oui, j’y parle de sida, mais autrement. Les gens sont plutôt bien, ils vivent dans des lieux qui ne sont pas trop mal. Tout semble bien se dérouler, si ce n’est cette propension de la société à garder un énorme secret, à mettre de côté un de ses membres. Mais c’est quelque chose qui peut arriver n’importe où. »
Life, Above All
En salle jeudi