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Guy Nantel: un bilan incisif

Guy Nantel a tenu la barre d’un gala punché, intelligent et drôlement dénonciateur hier soir à la Place des Arts. Le comique et ses invités ont prouvé que, pour dérider une salle pendant près de deux heures, pas besoin de jokes de pets ou d’anecdotes personnelles; un humour raffiné et socialement engagé peut aussi faire l’affaire.

Guy Nantel a donné le ton à la soirée avant même de fouler les planches de la salle Wilfrid-Pelletier, au moyen d’une vidéo qui le montrait dans quelques-uns des événements qui ont défrayé la chronique ses sept derniers mois. Par un habile trucage, on a pu l’apercevoir derrière Gilles Duceppe durant son fameux discours post-électoral, aux côtés du maire de
Saguenay pendant sa controversée prière, derrière le banc des Bruins de Boston avant l’incident Pacioretty-Chara et sous le voile de Kate Middleton lors du mariage royal. D’entrée de jeu, le comique a sorti les crocs en dressant son bilan de mi-année. Tout le monde y est passé: de Jean Charest à Vincent Lacroix, en passant par les maires Tremblay et Labeaume.

«Les Français ont la route des vins, nous, on a la route des pots-de-vin!» a lancé le féru de politique à propos de la corruption municipale. À son premier gala Juste pour rire, Adib Alkhalidey a fait bonne impression avec un monologue sur les clichés raciaux. Maxim Martin a lui aussi ravi les festivaliers grâce à la justesse de ses observations sur les travers de la société. Pourquoi la planète ne s’est-elle pas encore fait envahir par les extra-terres­tres? «Ils sont venus, mais ils sont aussitôt repartis. On est peut-être le camping Sainte-Madeleine de la galaxie!» s’est-il exclamé.

Dans la foulée du succès de l’opéra folk Les filles de Caleb, Marc Hervieux et Marie-Josée Lord ont donné un aperçu des prochaines comédies musicales à succès, toutes tirées d’émissions de télévision populaires: 19-2, le spectacle, La mélodie du B.S. (inspirée des Bougon), Le banquier –The Music-Hall et Petite vie Story. Comme il fallait s’y attendre, le tour de chant du tandem a été accueilli par une ovation debout.

Encore une fois cette année, Nantel a présenté ses vox-pop sur l’actualité. Et encore une fois, on ne savait pas si on devait rire ou pleurer devant l’ignorance de certains répondants, interrogés dans la rue.

À quelques jours du gala-hommage à Denise Filiatrault, Guy Nantel a salué à sa manière la carrière de la metteure en scène… avant qu’elle ne surgisse sur scène sous les applaudissements de la foule.

Histoire de profiter de la popularité grandissante des émissions de cuisine, les irrévérencieux Denis Drolet se sont retrouvés derrière un comptoir pour offrir un de leurs numéros les plus déjantés, politiquement incorrects – et drôles – à ce jour. Un 10 minutes fou, fou, fou durant lequel le duo s’est notamment livré à une danse obscène avec une palourde royale, en plus de recevoir la visite d’Eddy Savoie, le porte-parole des Résidences Soleil.

Neev a également gagné la faveur de la salle grâce à son habileté à reproduire les différents accents (son imitation d’Elvis Gratton n’a laissé personne indifférent).

De son côté, Louis T nous a beaucoup impressionné grâce à une série de blagues réfléchies à saveur sociale.

Le numéro sur la CECCQ (Commission d’enquête sur le crossage dans la construc­tion au Québec) a provoqué les rires grâce à la présence de Jean-Thomas Jobin, de Dominic Paquet et d’Alain Dumas.

Au moment de mettre sous presse, on attendait l’arrivée de P-A Méthot, de Jean-Marie Corbeil et de François Massicotte.

Ce qu’ils ont dit

  • «Cet homme-là teste ma sobriété.» – Maxim Martin à propos du maire de Montréal, Gérald Tremblay
  • «Les recettes, c’est un peu comme de la porno: c’est l’fun à avoir, mais pas à tous les postes tout le temps!» – Guy Nantel

à propos de la surabondance des émissions de cuisine au petit écran

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