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Surviving Progress: les survivants

Prenant l’affiche au moment où les manifestations sont en vogue partout sur la planète, Surviving Progress de Mathieu Roy et Harold Crooks est un documentaire qui parcourt la Terre pour montrer des exemples d’affres du progrès d’un point de vue historique, économique, social et environnemental.

«C’est un accès à la connaissance, à une thèse qui expose des problèmes globaux et mondiaux», explique le coréalisateur Mathieu Roy, rencontré dans un pub montréalais.

Inspiré du livre A Short History of Progress de Ronald Wright, l’essai a nécessité six ans et demi de travail, dont deux années de montage. «On avait énormément de matériel, se rappelle le cinéaste. J’ai pris la décision de ne pas avoir de narration conventionnelle. On créait la narration uniquement avec nos entrevues. C’est vraiment un montage de sélection, de réflexion, de peaufinage, de visionner nos entrevues et de répondre aux gens qui nous faisaient le plus vibrer.»

Créant une symbiose entre les images organiques à la Baraka, la musique hypnotisante du tandem Patrick Watson et Michael Ramsey et les mots d’intervenants impliqués dans leur domaine, Surviving Progress s’interroge notamment sur les phénomènes de la surconsommation en revenant sur l’origine de la dette.

Mais à travers ces question­nements, comment fait-on pour survivre au progrès? «En n’abandonnant pas notre humanité, en rehaussant le niveau de moralité, en appliquant une certaine intégrité à la vie citoyenne, à la vie politique, en réglemen­tant ce que les compagnies font…» propose tout simplement Mathieu Roy.

Un conseil qui est plus facile à dire qu’à faire. «Il n’y a pas de solutions magiques dans le film, parce qu’il n’y en a pas dans la vie, avoue le réalisateur. Nous ce qu’on fait, c’est qu’on espère que les gens vont trouver eux-mêmes des pistes de solutions dans le film qu’ils vont pouvoir appliquer dépendamment de leurs valeurs, de leur vie. Oui, il y a de l’espoir, sinon on abandonne et on se dit que le monde va s’écrouler.»

L’effet Martin Scorsese

Les admirateurs de Taxi Driver et de Raging Bull seront heureux d’apprendre que le nom de Martin Scorsese apparaît au générique de Surviving Progress au titre de producteur exécutif. Une légende du septième art que le cinéaste Mathieu Roy a connu en ayant été son assistant personnel sur le tournage de The Aviator.

«Quand on m’a proposé le film, j’étais en visite sur le plateau de son film The Departed et je lui ai donné le livre, confie le coréalisateur du docu­mentaire. Trois heures plus tard il l’avait lu, il m’en parlait et il m’offrait son aide! Il a mis son nom comme producteur pour nous aider pour le financement, le prestige, mais aussi parce que ça l’intéresse profondément ces questions-là. C’est un être qui est fasciné par toute l’Histoire… J’ai brainstormé avec lui quelques jours au début, à la fin il a vu quelques montages et il nous a donné des notes… Il trouvait que c’est un film important et fascinant.»

Surviving Progress
En salle dès vendredi

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