Vulgaires Machins frappent fort
Bien qu’il ait déjà affirmé qu’une mort prématurée serait préférable à l’idée d’enregistrer un album acoustique, le groupe Vulgaires Machins a frappé fort avec son album éponyme, presque entièrement constitué de reprises «unplugged» de ses succès.
L’approche plus douce privilégiée par le groupe punk a été unanimement saluée comme une réussite qui met en valeur le message de chacun de ses textes. Et du message, il y en a dans Je chante pour les sourds, constat lucide sur la difficulté de faire de la chanson engagée. Le clip qui l’accompagne, réalisé par l’hyperproductif Louis-Philippe Eno, ne fait que renforcer le malaise : dans un sous-sol d’église, Guillaume, Marie-Ève et Maxime sont assis en rond en compagnie d’une dizaine de participants à une réunion qui a tout d’un meeting des AA. Mais les membres des Vulgaires Machins semblent être les seuls véritables humains de cette étrange assemblée, constituée d’archétypes représentants la guerre, la pollution, la surconsommation et autres fléaux de notre monde moderne. Le réchauffement climatique est représenté par un autochtone tenant un bloc de glace qui fond sur ses genoux, la malbouffe est incarnée par un clone du Colonel Sanders, et la guerre, par un général bardé de médailles.
Résignés, les Vulgaires en viennent à fraterniser avec leurs cibles, et tout ce beau monde finit par s’étreindre avec de chaleureux câlins. Un clip esthétique et dérangeant, qui magnifie le texte de la chanson de brillante façon.
À vos risques et périls
Les vidéoclips hip-hop nous arrivent souvent accompagnés d’avertissements qui annoncent : «Attention, ce clip contient un langage ou des images qui pourraient choquer certains téléspectateurs.» Et dans le cas de la plus récente offrande du tandem Jay-Z–Kanye West, dont le titre lui-même est frappé de censure, on se serait attendu à lire un message du genre.
Eh bien non : l’avertissement qui précède Ni**as in Paris s’adresse plutôt à ceux qui souffrent d’épilepsie photosensible, une forme particulière de ce désordre neurologique dont les crises peuvent être déclenchées par des films ou des jeux vidéo contenant des effets stroboscopiques.
Même si vous n’avez aucune tendance épileptique, ce clip, filmé en concert, risque de vous donner le tournis. L’image y est dédoublée, éclatée et tordue comme si elle avait été filmée à travers un kaléido-scope géant, si bien qu’on ne sait plus trop ce qui appartient à la scénographie originale et ce qui est le fruit d’un travail de postproduction. Vous pourriez obtenir le même effet en écoutant la chanson dans votre baladeur pendant qu’une armée de paparazzis vous mitraille à grands coups de flashs, mais comme il s’agit d’une solution peu pratique, on vous conseille de visionner le clip, à vos risques et périls.
L’univers MusiquePlus
À MusiquePlus
Le samedi à 15 h
Je chante pour les sourds de Vulgaires Machins
[youtube http://www.youtube.com/watch?v=nluhVcQ6YLM&w=560&h=315]
Bad Girls de M.I.A.
[youtube http://www.youtube.com/watch?v=gG_dA32oH44&w=560&h=315]