Photos d’instants avec Marcie
Habituée à la scène – on l’a déjà vue aux FrancoFolies et à Vue sur la relève, entre autres –, l’une des trois finalistes aux Francouvertes, Marcie, propose un premier album studio quelques jours avant de fouler la scène du Club Soda pour la finale du concours.
C’est dans le cadre de soirées de poésie dans son coin de pays que la native de Jonquière Marcie a commencé à écrire des chansons. Comme ça, pour le plaisir, sans penser à en faire une carrière, avoue celle qui avait à l’époque entrepris un baccalauréat en études internationales et langues modernes à l’Université Laval. «Puis, en 2009, j’ai gagné la bourse Objectif scène, ce qui m’a permis de participer ensuite à la bourse Rideau, raconte-t-elle. Entre-temps, j’avais signé avec mon gérant. J’ai abandonné mes études et, depuis que je suis arrivée à Montréal, il s’est passé plein de choses et… je suppose finalement que la musique, c’est ce que je veux faire dans la vie!»
Le fait d’avoir d’abord fait vivre et évoluer ses chansons sur scène pendant quelques années avant d’en arriver à un disque – si on exclut un EP enregistré de façon spontanée, sans réalisateur, en 2011, à la suite d’un prix remporté au festival de Saint-Ambroise – et a été, de l’avis de la jeune femme, très formateur. Et le studio a représenté un nouvel apprentissage. «C’est différent, parce qu’une chanson que tu chantes sur scène, c’est comme une photo de l’instant, compare-t-elle. Si tu te sens d’une telle manière telle journée, tu chantes ta chanson d’une certaine façon, et le lendemain ça n’est pas pareil. Mais en studio, le défi, c’est d’accepter que l’émotion que tu avais la journée de l’enregistrement en chantant la chanson, c’est celle qui va rester tout le temps.»
Et de l’émotion, il y en a dans les chansons de Marcie, qui est comparée bien souvent à Barbara ou à Françoise Hardy. Mais ces émotions, la chanteuse a mis du temps à les assumer complètement. «J’ai toujours tendu plus vers la chanson à texte, avant j’étais plus anecdotique, rigolote dans mes paroles, raconte-t-elle. Et puis, il y a eu une période où j’écoutais beaucoup les disques de Lhasa – une musique très intérieure. Ça m’a beaucoup parlé, et je me suis dit que, moi aussi, je pouvais accepter de dire les choses comme elles sont, avec une certaine intériorité, et j’ai assumé une écriture plus poétique.»
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Travailler avec Ludo Pin, un autre participant de cette édition des Francouvertes qui a réalisé l’album de Marcie, a entre autres aidé la chanteuse à glisser du folk de ses débuts à la chanson française. «Ludo voulait amener mes affaires vers quelque chose de plus abrasif que cute, explique-t-elle. J’ai laissé tomber la guitare pour plusieurs chansons, ça a donné quelque chose de différent, ça m’a permis d’ouvrir ma voie, entre autres. Et on a surfé un peu là-dessus pour aller chercher des ambiances différentes, des trucs un peu plus rugueux et sombres. Et pour vraiment mettre le texte de l’avant.»
Marcie
En magasin dès mardi