Culture

L’écume des jours, histoire d’un amour infini

Photo: Les films Séville

Les grands romans font-ils les grands films? En s’attaquant à L’écume des jours, de Boris Vian, Michel Gondry signe son œuvre la plus casse-gueule. Visuellement sublime, un peu sèche au rayon de l’émotion… Le cinéaste français explique ses choix à Métro.

Une lecture inoubliable
Michel Gondry a 14 ans lorsqu’il dévore L’écume des jours, roman culte de Boris Vian retraçant l’idylle déchirante entre Colin, mélomane idéaliste, et Chloé, jeune femme condamnée par la maladie. «J’ai vu des images que je ne suis pas près d’oublier, se souvient-il. Ce livre m’a donné envie de considérer les choses différemment et m’a laissé un sentiment d’amour infini.»

L’influence de Boris Vian
Outre son histoire d’amour centrale, l’œuvre de Vian regorge d’idées saugrenues, d’instants barrés, d’objets vivants… Un univers singulier qui attendait avec impatience de naître à l’écran sous l’impulsion de Gondry, virtuose de l’image. «J’ai été influencé par Vian au gré des projets que j’ai menés, que ce soit dans mes clips ou pour Science of Sleep, en 2006.»

Romain Duris ou personne
Dans la peau de Colin, l’amoureux insouciant, Duris étincelle. «J’ai pensé à lui assez vite, confie Gondry. Il n’a pas peur de paraître lâche. Même s’il a un côté un peu frimeur, ce n’est ni un poseur ni un comique. C’est un personnage auquel je peux m’identifier.» Un choix gagnant puisque l’acteur réussit miraculeusement à apporter l’épaisseur qui manquait au Colin du roman.

Un dessin animé pour Audrey Tautou
«Je lui ai fait un dessin animé pour qu’elle accepte de jouer dans le film.» C’est avec un sourire malicieux que Gondry évoque cette démarche, qu’il voulait originale. «La première fois que je l’ai vue, c’était à une fête. Je me présente. Elle dit qu’elle va chercher une clope… Je ne l’ai revue que six ans après.» (Rires) Outre la gracieuse Tautou, Omar Sy, Charlotte Le Bon, Gad Elmaleh et Aïssa Maïga éclairent la distribution de leurs auras.

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Le refus du sentimentalisme
Seul hic : à trop miser sur les ingéniosités visuelles, cette transposition oublie parfois l’émotion. «Je ne voulais pas être sentimentaliste, se défend Gondry. Les sentiments ne sont pas étalés au grand jour, mais contenus.»


L’écume des jours
En salle dès vendredi

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