Culture

Une première pour le cinéma coréen

Photo: collaboration spéciale

Festival du film coréen. Montréal, ainsi que quatre autres grandes villes du Canada, hébergent tour à tour le tout nouveau Festival du Film coréen. Une sélection de longs et courts métrages, concoctée principalement par l’organisation Ciné-Asie prend l’affiche dans la métropole, parfois pour la première fois au Québec, à l’image du cinéma contemporain de la Corée.

«Honnêtement, j’aurais aimé lancer ce festival peut-être sept ans plus tôt, mais on rattrape le temps perdu», lance la directrice du festival et fondatrice de Ciné-Asie, Mi-Jeong Lee, d’une voix délicate, mais non sans entrain. Elle-même réalisatrice originaire de Corée, elle tenait à mettre sur pied un tel événement qui manquait dans le panorama culturel de Montréal, alors que la Corée a, explique-t-elle, un cinéma de qualité «ouvert sur le monde», avec des budgets parfois 10 fois moindres que les productions hollywoodiennes. Montréal marquera la dernière escale de cet événement pancanadien, qui a déjà eu lieu en juin à Edmonton, Regina, Calgary et Ottawa. «On trouvait que c’était bien, tant qu’à faire venir des réalisateurs et des acteurs de Corée, ce qui est coûteux, de le faire dans plusieurs villes.»

L’influence du star-système est également bien présente en Corée. La programmation s’est construite autour de deux grands thèmes : la figure montante qu’est l’acteur Ryoo Seung-yong ainsi que le travail du réalisateur Bong Joon-ho. Parmi ses films, Mother, qui a représenté le pays dans la catégorie Meilleur film en langue étrangère aux Oscars en 2009, et The Host, l’épopée mystique d’une famille qui tente de secourir son enfant captive d’un monstre aquatique né de la contamination de l’eau. Des questions toujours actuelles seront par ailleurs évoquées, notamment celles de l’utilisation controversée de l’agent orange ainsi que la guerre entre le nord et le sud, mis en lumière dans The Front Line.

Mi-Jeong Lee a œuvré plusieurs années au sein du Festival Fantasia, ce qui lui aura certainement servi pour cette première édition. Si le cinéma coréen a certes connu plusieurs vagues, pour une première édition, les organisateurs la voulaient comme la projection d’une vue d’ensemble. «Étant donné que c’est la première édition, je voulais que celle-ci soit générale, expose la directrice du festival. Plusieurs films épiques comme The Host ou Masquarade, qui ont enregistré en Corée des scores percutants au box-office, seront présentés, mais les genres seront assez variés, et on aura donc droit à des drames, à des comédies.»

La cinéaste parle avec passion de ce cinéma qu’elle dit universel. Elle donne l’exemple du film d’ouverture Miracle in Cell No. 7, que l’on peut voir deux, trois fois… et pleurer à chaque fois!

Festival du film coréen
Jusqu’à mercredi

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