Cette semaine, on craque pour: Lazy Lee, The Americans, Wrecking Ball de Miley Cyrus…
Cette semaine, on craque pour… Le retour des Belles-Sœurs, Wrecking Ball de Miley Cyrus, les comédiens de Dominion, The Americans, les célébrations autour des 70 ans du Petit prince, André Forcier à la Cinémathèque québécoise et le premier album de Lazy Lee.
1. Le retour des Belles-Sœurs
C’est plus fort que nous : chaque fois que le chef-d’œuvre du tandem René-Richard Cyr/Daniel Bélanger, Belles-sœurs, refait escale à Montréal, on n’a d’autre choix que d’aller voir les colorés personnages de Michel Tremblay. Et franchement, chaque fois, on en ressort toujours aussi émerveillée. Encore une fois, la joyeuse bande fait escale au Monument-National jusqu’au 21 septembre. La distribution n’est plus tout à fait la même qu’au début (Sonia Vachon est d’ailleurs brillante en Rose Ouimet, rôle d’abord tenu par Guylaine Tremblay), mais les comédiennes, notamment Marie-Thérèse Fortin et Maude Guérin, chantent toujours avec la même passion les chansons hyper-accrocheuses signées Daniel Bélanger, et maîtrisent si bien leurs personnages qu’on pourrait croire qu’ils ont été écrits pour elles. (Jessica Émond-Ferrat)
2. Wrecking Ball de Miley Cyrus
Première chose à dire de Wrecking Ball, la nouvelle toune de Miley Cyrus : elle est écœurante! On doit avouer qu’on ne s’était jamais vraiment intéressé à ce qu’elle faisait musicalement, mais ça pourrait changer. Les paroles de cette «chanson d’amour» sont efficaces et la mélodie vraiment accrocheuse. La jeune chanteuse américaine a une voix puissante et on sait maintenant qu’elle joue dans la cour des grands. Le vidéoclip qui accompagne la chanson a fait couler beaucoup d’encre cette semaine parce qu’on y voit Miley nue. Il y a aussi le moment où elle lèche langoureusement un marteau qui fait sourciller. La chanson n’avait toutefois pas besoin de tout cet érotisme pour se hisser au top des palmarès. On l’aurait écoutée en boucle quand même! (Rachelle Mc Duff)
3. Les comédiens de Dominion
D’abord, il y a le texte. Le moins qu’on puisse dire, c’est que le metteur en scène, comédien et auteur Sébastien Dodge n’a non seulement pas la langue dans sa poche quand vient le temps de s’attaquer aux aspects peu reluisants de la naissance de la Confédération, mais il le fait en jouant avec la langue de si belle façon qu’on aurait presque envie d’être plutôt en train de lire le texte pour le savourer pleinement. Presque, parce que ça nous priverait du jeu jouissif des comédiens qui jouent dans cette parodie historique sur fond de western, en particulier celui du toujours épatant Félix Beaulieu-Duchesneau (photo), qui incarne ici un vilain John A. Macdonald, et à l’hilarant Patrice Dubois, dans la peau d’un colon en fuite dans la forêt. À voir à l’Espace libre
jusqu’au 28 septembre. (Jessica Émond-Ferrat)
4. The Americans
Un couple typique de la banlieue américaine – avec une fille et un fils modèles – qui accueille les voisins d’en face avec un brownie… Non, The Americans n’est pas le nouveau Desperate Housewives, mais une des meilleures séries d’espionnage du moment, où le jeu des apparences règne. Ancrée dans les années 1980, en pleine guerre froide, The Americans a pour héros un couple d’espions du KGB infiltrés depuis 20 ans aux États-Unis et parfaitement adapté à l’American Way of Life. Ils y ont fondé une famille – les enfants ne connaissent pas leur véritable identité –, mais sont formatés pour suivre les ordres de la mère patrie soviétique. La série joue sur cette dualité et la complexité des sentiments qui en résulte. Créée par un ex-agent de la CIA, The Americans est une réussite en termes de suspense et de réalisme – des décors jusqu’aux personnages – et nous emballe dès le départ avec son générique esthétique. À découvrir pour les mordus de séries politico-historiques. (Baptiste Barbe)
5. Les célébrations autour des 70 ans du Petit prince
Nous connaissons presque tous la fable du Petit Prince, l’ouvrage le plus lu au monde… après la Bible. Pour ceux qui ne le savaient pas, cette année le petit roman qui interroge la relation de l’homme à son prochain fête son 70e anniversaire. Pour souligner la chose, une série d’activités sont proposées aux Montréalais durant l’automne, notamment des murales participatives et une diffusion à l’Excentris d’épisodes inédits de la série Le Petit Prince. Une édition spéciale du livre est aussi offerte, avec des documents et témoignages fascinants qui font découvrir toutes les facettes du fabuleux Antoine de Saint-Exupéry, l’auteur de ce texte qui ne se démodera jamais. Pour en savoir plus : www.lepetitprince.com. (Daphnée Hacker-B.)
6. André Forcier à la Cinémathèque québécoise
À l’occasion de son 50e anniversaire, la Cinémathèque québécoise a commencé à projeter l’œuvre du cinéaste André Forcier (Kalamazoo, L’eau chaude, l’eau frette, Coteau rouge) mercredi. Voilà une belle occasion de découvrir ou de redécouvrir la cinématographie du réalisateur renfrogné, mais talentueux. Le style particulier de Forcier se reconnaît immédiatement, parfois en un seul plan. Généralement, la grossièreté, le burlesque et l’humour se côtoient et portent un propos satirique, un peu dans la même veine que du Robert Morin. Le public aura l’occasion de poser ses questions au cinéaste et à une poignée de ses acteurs fétiches tels que France Castel et Michel Côté. Jusqu’au 11 octobre. (Émilie Bergeron)
7. Le premier album de Lazy Lee
Lazy Lee est un jeune groupe montréalais qui s’est formé en 2010. Il a lancé son tout premier album cette semaine, Electromagnetic Circus. Un disque qui s’écoute un peu trop rapidement – il ne contient que sept chansons –, mais qui s’écoute agréablement. L’intérêt de la musique de Lazy Lee réside dans le background hétéroclite des membres du groupe, qui offrent un mélange harmonieux de jazz, de rock, de pop et de funk. La chanteuse, Kay, a une voix magnifique qui s’accorde bien au style groovy qui règne dans cette première œuvre. Une belle découverte, «short and sweet»! (Daphnée Hacker-B.)
On se désole pour…
L’abus d’articles sur les délires de la «twittosphère»
Une nouvelle habitude, dans nos médias, consiste à relayer les montées de lait 2.0 de tout un chacun et de faire passer le compte rendu de cette agitation pour du journalisme légitime, bref, pour de la nouvelle. «La twittosphère s’enflamme!»… «Le web s’embrase!»… Des titres vaguement sensationnalistes qui ne servent qu’à rappeler, hélas, que le propre des médias sociaux est justement de s’emballer à tout propos. Doit-on tenter de nous faire croire que le Québec est à feu et à sang chaque fois qu’un sujet (politique, social, télévisuel, etc.) suscite des réactions épidermiques? Quand les voisins s’engueulent sur le balcon d’en face, on ne traverse pas pour leur prêter un mégaphone. On prend une grande respiration, on ferme les fenêtres et on attend que ça passe. (Maxime Huard)