Festival international de littérature: ses mots dans leur bouche
Le spectacle J’attends tes lèvres pour chanter, imaginé par Tristan Malavoy, est présenté dans le cadre du Festival international de littérature (FIL) et propose une rencontre entre musiciens et poètes.
Kim Doré qui récitera ses textes accompagnée musicalement par Forêt, Franz Benjamin qui gratifiera le public de chants de Port-au-Prince entre deux poèmes, Michel Rivard, Tristan Malavoy et Fredric Gary Comeau, hommes de mots et de musique, qui se produiront eux aussi… Voilà ce que réserve le spectacle J’attends tes lèvres pour chanter, dont une première version avait été proposée ce printemps dans le cadre de Métropolis Bleu et qui récidive au FIL.
«L’idée de Tristan Malavoy était de faire se rencontrer des gens de la musique qui ont été contaminés par le monde de la poésie ou, inversement, des poètes qui ont travaillé du côté de la musique, et d’encourager au maximum cette contamination», résume Kim Doré, la poète derrière les textes du jeune groupe Forêt. De jouer avec ces univers communs.» Métro s’est entretenu avec elle.
En mars dernier, Forêt lançait son premier album dont vous signez les textes; quelques mois avant, vous faisiez paraître un livre. Êtes-vous aussi attachée aux deux projets?
Je suis moins maniaque quand je travaille avec Émilie et Joseph que quand je suis toute seule! Pour la collaboration avec Forêt, je voulais surtout qu’ils soient contents. Je n’ai pas le talent de la musique, moi, alors je leur faisais entièrement confiance de ce côté, et je leur ai fourni beaucoup de textes pour qu’ils pigent, qu’ils fassent des essais, et qu’au niveau musical, ça fonctionne. C’était moins stressant pour moi, mais très stimulant parce que ça me sortait de mes zones de confort et de mes démons qui sont toujours les mêmes. C’est quelque chose que j’ai adoré, et qui se poursuit, puisqu’on travaille sur de nouvelles pièces.
Abordez-vous la création de manière différente quand il s’agit d’écrire des chansons?
C’est différent; j’ai déjà, par le passé, essayé d’écrire des chansons pour certaines personnes, mais dans ce cas-ci, ils ne me demandaient pas d’écrire des «chansons»; moi, j’écrivais au départ des poèmes, souvent en écoutant de la musique qu’ils avaient composée, et Émilie partait de ça, accrochait sur une strophe, une image, et moi je repartais de ça pour retravailler le poème en faisant plus attention aux sonorités. Ça devenait alors un peu plus chanson, mais je ne peux pas dire que je me suis «assise pour écrire des chansons». Ç’a toujours été fait dans un esprit d’échange qui est resté assez proche de la poésie.
Une chanson que vous auriez aimé avoir écrite?
Celles des génies de la chanson comme Jacques Brel, Félix Leclerc… Et plus récemment, de Stromæ : ce n’est même pas mon genre de musique, mais sa façon d’écrire des textes me touche vraiment.
Et un poème que vous aimeriez avoir écrit?
Si je répondais une autre journée, ça serait sans doute autre chose, mais là, spontanément, je dirais Suite fraternelle, de Jacques Brault. Parce que ç’a une portée humaniste dont on a bien besoin aujourd’hui. Et je m’accommoderais très bien d’avoir écrit Les illuminations de Rimbaud… (Rires)
***
À surveiller
Quelques autres choix de spectacles à aller voir au FIL :
- Jusqu’où te mènera ta langue? Créé dans le cadre du Jamais lu par Martin Faucher, le spectacle d’ouverture donne la parole à des auteurs de la nouvelle génération, demain à la Grande Bibliothèque.
- Léo et les presqu’îles. Jessica Vigneault est à la barre de ce spectacle pour toute la famille célébrant l’œuvre de son renommé père Gilles. Samedi à la Cinquième salle de la PdA.
- Marcel Sabourin. Dans des sermons et des discours, le comédien raconte l’histoire de Rosaire Légaré «né au Canada français en 1935 et mort dans quelques années au Québec», le 27 septembre au Théâtre Outremont.
- Vertiges. Ce spectacle, donné à l’Usine C lundi et mardi, mêle les chorégraphies de Paul-André Fortier et la musique de Malcolm Goldstein, qui seront mis en mots par des écrivains.
- Thomas Hellman. De mardi à vendredi au Théâtre de Quat’Sous, Hellman offre un concert littéraire inspiré des textes du poète Roland Giguère.
FIL
Du 20 au 29 septembre
J’attends tes lèvres pour chanter
Au Cabaret du Lion d’or
Le 26 septembre à 20 h