Fanny Ardant n’est pas une cougar
Dans Les beaux jours, Fanny Ardant interprète une femme mariée qui tombe sous le charme d’un homme plus jeune. Un rôle en or pour une comédienne aussi irrésistible à l’écran que dans la vie. Elle s’est confiée à Métro.
Un écrin maritime idéal
«J’ai tout de suite aimé le scénario de Marion Vernoux et j’ai rejoint le projet, car tout me paraissait fluide. Nous avons tourné en août-septembre et j’ai vécu cela comme des grandes vacances. Nous étions là-haut à Calais, Dunkerque, et cet endroit si beau, le cap Blanc-Nez, où l’on voit les côtes de l’Angleterre les jours de beau temps. La nature ressemble à celle de la Cornouaille. Dans les clichés, on parle toujours de la Côte d’Azur alors que celles du Nord sont magiques.»
Une femme irréductible
«Mon personnage est une femme mariée et ordinaire qui a arrêté son travail de dentiste après avoir perdu sa meilleure amie. Quand on la découvre, elle est à un tournant de sa vie, un no man’s land, mais garde son caractère irréductible. Elle ne veut pas qu’on lui marche sur les pieds, elle est moqueuse. Ce n’est pas un petit mouton qui se fait pardonner d’exister. On le voit très bien quand elle arrive aux Beaux jours, ce club du troisième âge.»
La rencontre du second souffle
«Quand elle rencontre un professeur d’informatique, son cœur vibre et la vie s’engouffre en elle. Laurent Lafitte joue merveilleusement ce jeune homme. La chimie a directement opéré entre nous. Il est drôle et très bon acteur. (Réflexion) Le film va bien au-delà d’une relation sexuelle à la cougar, du genre : “Regardez comme je peux avoir un petit jeune.” J’aime ce que fabriquent ces deux-là en dehors des choses de l’amour : discuter dans une voiture, faire les idiots en buvant du vin, fumer un pétard…»
L’amour ne se négocie pas
«Les vraies histoires d’amour n’ont pas besoin du regard des autres. Elles sont souvent clandestines. La société n’a pas besoin d’y mettre son veto ou de les approuver. Si vous aimez quelqu’un et que vous demandez à la société de vous donner sa bénédiction, tant pis pour vous ! Vous lui donnez ainsi un poids qu’elle ne doit pas avoir. On vit aujourd’hui dans une ère de normalisation, notamment des pratiques sexuelles et amoureuses. Je trouve ça terrible de ranger les gens dans des cases.»
Savoir vieillir
«Je ne fais pas la course au jeunisme. J’ai toujours préféré devancer l’appel que de me faire rappeler à l’ordre. Très jeune, je pensais déjà à la fin des choses, que ce qu’on nous a donné allait être repris. Vous savez, on est toujours le vieux ou le jeune de quelqu’un. Quand une épée de Damoclès est placée au-dessus de nous, on réalise tout à coup que s’asseoir sur un banc du jardin du Luxembourg un jour de soleil, c’est magnifique.»
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Les beaux jours
En salle dès vendredi