Culture

Keanu Reeves, un homme d’honneur

Keanu Reeves, un homme d’honneur
Photo: Universal pictures

Keanu Reeves, vedette du nouveau film de samouraïs 47 Ronin, parle à Métro de vengeance, de son amour du Japon, de motos et même de La matrice.

Comment vous êtes-vous retrouvé engagé dans le projet de 47 Ronin?
Je me suis fait offrir le rôle par Scott Stuber et Universal il y a environ quatre ans. J’ai beaucoup aimé le scénario, et ils ont ensuite trouvé le réalisateur, Carl Rinsch. Je l’ai rencontré et j’ai adoré sa vision du cinéma, qu’il approche comme s’il peignait une toile.

Le thème du film vous est cher?
Je dirais que oui. J’aime que ce soit à propos de l’honneur, d’une histoire d’amour dramatique, de vengeance. La vengeance, dans la vraie vie, c’est quelque chose de sale. Mais dans les films, c’est beau, surtout quand c’est pour l’honneur. Et puis, je ne pouvais quand même pas manquer l’occasion de travailler avec une épée de samouraï et de raconter l’histoire d’un ronin [guerrier]. Je respecte l’histoire de ces rebelles, alors le rôle de Kai – un homme d’honneur – m’a impressionné en raison des motifs historiques, en raison de son exil.

Est-ce que vous connaissiez l’histoire originale des 47 ronin avant le tournage?
Honnêtement, non. J’avais été au Japon quelques fois, mais je n’avais jamais entendu parler de cette histoire.

Il semble que vous êtes un des acteurs américains les plus aimés là-bas…
Vraiment? J’adore aller là-bas, en fait. Je chéris leur art et leur culture, que je découvre encore.

Comme le code d’honneur des samouraïs?
J’essaie d’apprendre le bushido. Vivre selon le code bushido signifie le sacrifice, mais je vois ça d’une façon romantique. Si on parle d’honneur, et d’être honorable envers soi-même et envers les autres, je prends cela très au sérieux. Le devoir, les responsabilités, tout cela est très important.

Je dois vous en parler : The Matrix est mon film préféré des 14 dernières années.
Le mien aussi! (Rires)

Nous nous souvenons tous de la fin, mais s’il y avait une occasion qui se présentait de faire quelque chose d’autre dans les mêmes eaux, voudriez-vous y prendre part?
Oh, merde. (Soupir) J’adore ce film et la trilogie au complet; c’est une partie très importante de ma vie. Si les Wachowski me proposaient quelque chose, je dirais oui. Mais je ne peux imaginer ce que ce «quelque chose» pourrait être. Pour moi, pour le héros, Neo ou Thomas Anderson, la façon dont il est parti – un sacrifice de soi absolu pour assurer la paix à tous les êtres vivants – est une des meilleures.

Plusieurs de vos amis ont dit que Neo vous ressemblait beaucoup – est-ce vrai?
Je crois que nos visions du monde sont similaires. Les Wachowski s’interrogeaient sur la réalité et sur toutes les forces qui gouvernent le monde; ils exploraient l’idée de l’individualité. Ça rejoint ma vision du monde. De plus, je jouais un observateur extérieur – Thomas Anderson.

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Vous vous qualifieriez de rebelle?
Je ne sais pas. Le monde a de vrais rebelles, des gens qui s’insurgent.

Mais seriez-vous prêt à descendre dans la rue pour défendre certaines causes vous tenant à cœur?
J’aimerais croire que oui. Mais d’un autre côté, qui serais-je dans cette situation? Bien sûr, il y a le sentiment agréable de se battre pour nos droits, mais je ne voudrais jamais être dans une situation qui causerait des effusions de sang. J’aimerais beaucoup mieux devenir membre d’un groupe de rock! (Rires)

En 2010, vous avez été photographié en train de manger seul sur un banc de parc. C’est devenu un «meme» follement populaire sur le web.
Ah oui. «Sad Keanu» («Keanu triste»).

Pourquoi étiez-vous seul, l’air anxieux, sur un banc de parc?
C’était l’heure du lunch, durant le tournage de Henry’s Crime. Je suis allé manger pendant la pause et je songeais à quelque chose. Ça arrive, d’être perdu dans ses pensées pendant le lunch. Et c’est ça qui est arrivé, sauf que les gens ont semblé avoir décidé que j’étais très triste. C’est intéressant que les photos puissent générer mille mots, dont aucun n’est vrai! (Rires)

Dans moins d’un an, vous aurez 50 ans. Pouvez-vous résumer ce que vous auriez aimé faire ou ne pas avoir fait?
Il y a plusieurs projets qui doivent être réalisés, et plusieurs histoires qui doivent être racontées. En tant qu’acteur, je cherche encore  et toujours de nouvelles choses à accomplir. Si on parle de ma vie personnelle, j’aimerais passer plus de temps à la maison, voir des amis. J’ai ouvert une compagnie qui va produire des motocyclettes – j’espère que ça sera chouette. Eh oui… J’aime être en vie, simplement!


47 Ronin
En salle dès mercredi