Critiques CD: Dance Laury Dance, Gianmaria Testa, Grenadine…
Cette semaine, l’équipe de Métro a écouté les derniers albums de Dance Laury Dance, Gianmaria Testa, Grenadine, Philémon Cimon, Serge Fortin et Mauvaize Frékentation.
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Gros fun sale Dance Laury Dance Hellalujah Note: |
Deuxième album, même énergie. Dance Laury Dance n’a pas beaucoup changé depuis la parution de Living for the Roll, en 2011, et on ne s’en plaint pas. Hellalujah commence peut-être avec une pièce instrumentale un peu ordinaire (Eternal Death & Brain Caviar), mais le reste n’est que rock et métal endiablé, avec une petite touche de punk ici et là. Du gros fun pour les amateurs du genre. Il est aussi essentiel de souligner le concept à l’intérieur de la pochette de l’album, rappelant des photos de groupes d’élèves de cinquième année en 1991. Le quintette de Québec ne se prend pas au sérieux, ce qui ne le rend que plus sympathique.
– Mathieu Horth-Gagné et Eric Aussant
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Beau chantier Gianmaria Testa Men at Work Live Note: |
Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage, suggérait le poète. En bon artisan, Gianmaria Testa a compris la maxime et, si ses chansons sont de vrais petits bijoux, c’est qu’elles tiennent de l’orfèvrerie d’abord et avant tout. Le troubadour italien offre les perles de sa joaillerie avec Men at Work, disque double capté en 2011 au détour d’une tournée européenne. Les 23 titres défilent en douceur au rythme des guitares, et voilà l’auditoire bercé par le miracle de cette voix profonde et rocailleuse comme les Alpes piémontaises qu’habite l’artiste. Ce spectacle est un écrin dans lequel Testa convie son public : prenez place, et vous y découvrirez des trésors.
– Sébastien Tremblay
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Sympathique Grenadine Grenadine Note: |
On a fait la connaissance de Julie Brunet, alias Grenadine, en 2010, lorsqu’elle a sorti un EP de quatre chansons plutôt réussies. Quatre ans plus tard, l’auteure-compositrice-interprète nous offre un premier album sympathique. Sa voix claire a la grande qualité de ne PAS être nasillarde (on n’en peut plus des chanteuses qui poussent la note en bloquant l’air de leur nez pour gagner en puissance…). Sa plume est rythmée, ses textes, intelligents (peut-être l’influence de ses études en création littéraire?), et la réalisation de Jérôme Minière est impeccable. Grenadine n’arrive toutefois pas à nous surprendre par sa musique pop, et certaines chansons sont monotones.
– Rachelle Mc Duff
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Ennuagement Philémon Cimon L’été Note: |
Sur le deuxième album de cet auteur-compositeur-interprète québécois, ex-Philémon chante, il y a les trois premières pièces qu’il faut écouter absolument. Soleil blanc, Au cinéma et Julie July, aux allures rétro, sont des vers d’oreille irrésistibles, et on ne souhaite qu’y retourner. Après, ça se calme, chanson après chanson, et l’artiste laisse passer de plus en plus d’air dans sa voix, ce qui peut en lasser plusieurs. Il faut toutefois dire que la réalisation de Philippe Brault est sans reproche et que l’album se tient dans un tout cohérent. Reste qu’après un départ canon, on se dit que L’été aurait pu être plus ensoleillé… C’est beau dire ça en plein froid de janvier, non?
– Eric Aussant
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Bonnes idées… Serge Fortin Gaspille une nuit Note: |
Il y a de bonnes idées sur ce troisième album de l’Abitibien Serge Fortin. Introduire des chansons avec des extraits d’un documentaire sur la colonisation de l’Abitibi en est une. Il y a aussi de jolies trouvailles dans les mélodies. Il y a un duo avec Diane Tell (coréalisatrice du CD), Histoire de novembre, qui vaut le détour. Il y a de beaux passages dans les paroles également. Toutefois, l’ensemble aurait gagné à être poli. Ça sent parfois fort le dictionnaire de rimes. Les mots et la musique entrent de temps en temps en collision parce qu’il y a trop de pieds ou qu’il en manque. Puis le phrasé de l’interprète est parfois laborieux. Suffit d’entendre Diane Tell chanter les mêmes mots pour s’en apercevoir…
– Eric Aussant
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Le temps perdu Mauvaize Frékentation Comme dans l’temps Note: |
Mauvaize Frékentation? Absolument. Pas juste parce que le duo formé par Sir Pathétik et Billy Nova fume des joints et cale tout l’alcool possible partout où il met les pieds. Surtout parce que notre âme ne s’en remettra pas. Parce que deux ou trois hits faciles ne rachètent pas 75 minutes d’un vide indécent. Parce que «arrête de faire ta farouche, mets-le toute dans ta bouche». Parce qu’un hommage à Lac-Mégantic après une toune de brosse, c’est malaisant. Parce que «partes» ne rime pas avec «roulerais un bat». La production sonore a beau être très léchée (Sir Pat n’en est quand même pas à ses premières frasques), les gros beats ne suffisent pas, loin de là.
– Maxime Huard





