Critiques CD: Guillaume Depardieu, Neil Finn, Joseph Edgar…
Cette semaine, l’équipe de Métro a écouté les derniers albums de Guillaume Depardieu, Neil Finn, Joseph Edgar, Audrey Emery, They Call Me Rico et David Ian.
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Parti trop vite Guillaume Depardieu Post Mortem Note: |
Le titre, déjà, choisi par Guillaume Depardieu avant même son décès il y a cinq ans, est lourd de sens. Et au fil des 11 pièces qui composent Post Mortem, on dénote ici et là l’expression de cette souffrance et de cette fragilité qui habitait le fils Depardieu. Difficile de ne pas lire des doubles sens dans des phrases comme «Je suis l’estropié, le mutilé…» Chargée d’émotion, sa voix passe du chuchotement au cri déchirant. Le comédien et chanteur est tantôt en colère (poignante Marlon), tantôt tendre (la très belle Louise, dédiée à sa fille), tantôt engagé (Fast Food); des pièces qui ne laissent pas de doute sur le talent de poète de l’acteur. Un très bel album qui fait regretter qu’on n’ait pu en entendre davantage.
– Jessica Émond-Ferrat
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On plonge Neil Finn Dizzy Heights Note: |
Ça débute avec Impressions, un morceau qui donne l’impression, justement, de plonger dans une piscine de textures. Belle entrée en matière pour cette première œuvre solo en 12 ans de Monsieur Crowded House qui, pour l’occasion, s’est offert les services du réalisateur Dave Fridmann (Tame Impala) et a même coécrit un texte avec un de ses compatriotes néo-zélandais les plus branchés de l’heure, Connan Mockasin. Si l’intro de la pièce-titre, dans laquelle Neil dit que «c’est l’Halloween dans les rues», fait bizarrement penser à une chanson de Noël, on se laisse porter par la voix si riche de ce vétéran qui sait à la fois sonner classe, classique et diablement moderne. Sur Recluse, il chante même : «We’re watching Game of Thrones». Si c’est pas cool, ça.
– Natalia Wysocka
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Sensuel Audrey Emery La couleur des jours Note: |
L’auteure-compositrice-interprète en est à son premier album, mais on la connaît tout de même un peu. Elle a accompagné plusieurs artistes, dont Martin Léon, Éloi Painchaud ou Jean-Phi Goncalvès, et a assuré les premières parties de Cœur de Pirate, de Jorane et de Marie-Pierre Arthur. La couleur des jours est un Maxi de cinq chansons soul-jazz plutôt sensuelles. Sa voix veloutée nous enveloppe telles les caresses d’un amoureux attentionné. Sa prose est rythmée et empreinte d’un lyrisme romantique. On a particulièrement apprécié la chaleur et la sensualité qui se dégagent de la chanson-titre. Mais notre coup de cœur : la suave Tu m’insatisfaites. Un album parfait pour une soirée en amoureux.
– Rachelle Mc Duff
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Deux identités Joseph Edgar Gazebo Note: |
Acadien d’origine, Montréalais d’adoption, Joseph Edgar embrasse ses deux «identités» avec son plus récent album, Gazebo. Dans sa langue bien à lui, il chante la métropole. Il livre ses pièces en majorité écrites près de chez lui, au parc Molson : «Dans l’quartier Rosemont / Tu pensais qu’t’étais roi / De ta p’tite maison». Gazebo prend son vol grâce aux chansons plus rythmées, Espionne russe, Dur à comprendre, Frontal Lobotomy Thing – la première de deux offrandes en anglais sur l’album. Le folk d’Edgar est un peu classique, mais cela ne veut pas dire que l’ensemble n’est pas intéressant. Les amateurs du genre seront immédiatement séduits, et les autres devraient donner une chance au musicien.
– Mathieu Horth-Gagné
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Blues pétillant They Call Me Rico This Kind of Life Note: |
Le deuxième opus de Frédéric Pellerin (alias Rico) va conquérir le cœur de tous les amateurs de blues américain avec une influence rock bien sentie. Celui qui a été meneur de la formation montréalaise Madcaps a fait le saut en solo en 2011, avec un minialbum de six titres. Son désir de mettre de l’avant sa voix et sa maîtrise des instruments ont été fort bien reçus des critiques. Rico offre avec This Kind of Life une œuvre encore plus peaufinée, où plusieurs collaborateurs ont apporté des touches de piano, de guitare, de basse et d’harmonica qui nous font voyager dans le Sud américain, notamment avec This Kind of Life, To Call My Own et Bye Baby. N. B. : They Call Me Rico sera en spectacle à Montréal en lumière le 1er mars.
– Daphnée Hacker-B.
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Feutré David Ian Valentine’s Day Note: |
Ce CD transforme une pièce en piano-bar ou en boîte de jazz intime en un clin d’œil. Le pianiste torontois David Ian s’est entouré d’un petit groupe de musiciens pour proposer une dizaine de standards de jazz réarrangés d’une manière feutrée, mais pas ennuyante. Au programme : Autumn Leaves (Les feuilles d’automnes), My Funny Valentine, Night and Day, Someday My Prince Will Come. Quelques chanteurs invités interviennent sur quelques pistes, mais ils ne s’imposent pas trop. Idéal pour ceux qui cherchent une trame sonore pour le souper à la chandelle de la Saint-Valentin ce soir. Cela dit, le CD aurait peut-être gagné à compter quelques pièces originales.
– Eric Aussant





