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Expo sur François Barbeau: coup d’œil sur les dessous de la scène

Photo: Hugues Poirier/collaboration spéciale

François Barbeau, à près de 80 ans, a créé et crée toujours des costumes pour le théâtre, la danse, le cirque et le cinéma. Une exposition, François Barbeau, créateur de costumes, est consacrée au processus de création de ce fascinant artisan d’ici.

François Barbeau a plus de 660 productions à son actif. Mais l’exposition offerte par le Centre d’exposition de l’Université de Montréal n’est pas une rétrospective. «Parce qu’il n’y a pas beaucoup de choses [qui ont pu être mises dans l’exposition]! C’est plutôt une sorte de mise au point, explique le principal intéressé au téléphone. Ce que j’ai essayé de faire, c’est de présenter la façon dont je travaille.»

Le visiteur pénètre donc dans «son» atelier, découvre des esquisses et des maquettes, et aperçoit des tissus et des costumes. Il y découvre les dessous d’un métier peu connu, celui de concepteur de costumes de scène. Un métier qui nécessite recherches, dessins, discussions, essayages, mais aussi beaucoup de créativité et de connaissances techniques. «Je travaille ordinairement de six à sept mois avant de commencer à mettre des couleurs, juste [pour] trouver des formes ou des matières», confirme M. Barbeau, qui dit aimer autant travailler pour des productions d’époque que pour des projets plus modernes.

On entend dans sa voix sa passion pour son métier. François Barbeau, très sympathique et enclin à parler de ce qu’il fait, ponctue tout au long de l’entrevue ses phrases de «vous comprenez?» et de «vous savez?».

«Il connaît le processus d’un bout à l’autre, affirme Andrée Lemieux, conservatrice invitée de l’exposition. Il peut aussi bien faire un corset que créer une robe flamboyante. Ce que j’aime, c’est la modestie qu’il met dans son travail. Il ne veut pas nécessairement avoir le plus beau des costumes dans le plus beau des tissus. Il veut le costume le plus juste et pour le personnage, et pour le metteur en scène.» Mme Lemieux, qui a consacré près de deux ans de travail à ce «sujet d’études», ne tarit pas d’éloges à l’égard de la capacité d’adaptation de M. Barbeau et de sa maîtrise du métier. Elle lui consacrera d’ailleurs aussi un livre.

Les mots d’ordre: souplesse et confort
Le créateur sait se réinventer. «En ce moment, je fais Cyrano de Bergerac pour le Théâtre du Nouveau Monde. C’est une pièce que j’ai déjà faite, mais j’essaie maintenant de présenter quelque chose de complètement différent.»

Dans le monde de la scène, les costumes peuvent être portés plusieurs fois, par plusieurs acteurs; ils peuvent être modifiés et adaptés afin, notamment, de respecter les budgets et de servir à d’autres productions.

M. Barbeau fait des teintures, utilise des matériaux pour créer une illusion; de la toile géotextile pour remplacer le cuir avec légèreté, par exemple, ou des petits soldats en plastique pour simuler une broderie que le spectateur de théâtre, au loin, ne pourra voir avec précision.

«On donne à voir [dans l’expo] ce qu’on ne voit jamais, c’est-à-dire son travail de peintre. Parce que dans le fond, les manteaux ne sont pas rouges. Ils sont rouges à petits pois. Rouges à rayures. Un petit peu de rose, un peu de bourgogne. Au bout du compte, sur scène, c’est rouge», fait remarquer Mme Lemieux.

Pour M. Barbeau, qui regrette le temps où les gens avaient le souci de l’élégance, servir le personnage est capital. Et ça ne se fait pas sans que le comédien soit à l’aise, en partant de la base: les sous-vêtements. Celui qui a aussi été metteur en scène, directeur artistique et professeur a été acteur à ses débuts. «J’ai su ce que c’était, un costume qui fait mal et qui, physiquement, est un handicap. Alors c’est ça que j’essaie de corriger quand j’en crée moi-même.»

François Barbeau, créateur de costumes
Centre d’exposition de l’Université de Montréal
Jusqu’au 7 décembre

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