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Gerontophilia: jeune homme cherche amour au CHSLD

Photo: Bruce LaBruce\collaboration spéciale

Dans Gerontophilia (Gérontophilie), Lake, 18 ans, tombe amoureux de Melvyn, 81 ans. Avec ce film plus classique que ce qu’il est habitué de faire, le réalisateur Bruce LaBruce propose au public un sujet «gentiment subversif».

Le jeune homme, joué par Pier-Gabriel Lajoie, découvre son attirance pour la maturité alors qu’il sauve un vieil homme de la noyade. Mais c’est en travaillant dans un centre pour personnes âgées qu’il rencontre Melvyn Peabody (Walter Borden), qui se laissera séduire et qui permettra à Lake de concrétiser son désir. Le jeune homme a pourtant une copine (Katie Boland) qui, peut-être en raison de ses tendances «révolutionnaires», ne le freinera pas dans ses élans. La mère de Lake (Marie-Hélène Thibault), éternelle adolescente, désapprouve davantage, mais en gros, aussi étonnant que ça puisse paraître, la situation est assez bien acceptée par l’entourage.

«À la rigueur, qu’il fasse ça avec des vieux, [c’est] super! S’il n’est pas en train de leur faire subir des mauvais traitements, de les surmédicamenter ou de les négliger, pourquoi pas?» observe avec le recul l’actrice Marie-Hélène Thibault, rencontrée en marge de la projection.

Campé à Montréal, dans un environnement anglophone mais à l’intérieur d’une famille francophone, Gerontophilia est le premier film grand public que Bruce LaBruce réalise. Connu pour ses œuvres très crues et underground, il avait le goût de faire quelque chose de différent. «Dès le départ, je voulais faire un film plus grand public. J’ai choisi ce sujet parce que je voulais quand même rester fidèle aux choses qui m’intéressent, que j’ai explorées dans mes autres films. L’idée des fétiches et des tabous est toujours forte dans mes films», raconte le réalisateur.

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Dans Gerontophilia, pas de scènes explicites, seulement quelques plans de nu. Et au-delà de cette préférence sexuelle s’inscrit en filigrane une réflexion sur la sexualité et le sort des personnes âgées. «Si les gens vivent plus vieux, de quoi aura l’air leur vie et comment s’occupera-t-on de leur sexualité?» s’enquiert LaBruce.

«J’ai connu des gérontophiles. Et peut-être, si je suis assez chanceux, je vais être dans cette catégorie un jour! (Rires) Vous savez, je suis, dans ma vie, pas mal à mi-chemin entre Lake et le vieil homme.»

[youtube https://www.youtube.com/watch?v=WDhjvnAm8aY]
Gerontophilia
En salle dès vendredi

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