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Your Favorite Enemies: tirer son épingle du jeu

Photo: collaboration spéciale

Bien qu’il ne donne pas tout à fait dans le punk, le collectif Your Favorite Enemies de Drummondville en applique un des principes fondamentaux: le fameux DIY (do it yourself). Et vous savez quoi? Ça marche!

À l’heure où on dit partout que l’industrie du disque est en crise, le collectif Your Favorite Enemies, composé de cinq garçons et d’une fille, tous dans la fin vingtaine, prouve qu’en composant de la bonne musique et en exploitant les forces vives du far web, il est possible de tirer son épingle du jeu.

Selon leur gérant, ils auraient même écoulé quelque 21 400 exemplaires de Between Illness & Migration, leur nouveau CD paru le 20 mai au Canada.

L’histoire commence en 2006, lorsque Sef, un travailleur social, rencontre son nouveau stagiaire. D’autres musiciens viennent se greffer au duo et, d’emblée, la formation donne dans le rock et l’approche autogestionnaire des anars. «On aime dire qu’on fait du noise rock avec un esprit punk rock dans le sens originel du mot et non dans son sens pop punk altéré. On veut revenir à l’esprit d’urgence des débuts. Et c’est dans cette perspective que l’on tente de faire bouger les choses de façon immédiate», explique le guitariste Jeff Beaulieu.

Le noyau musical s’était installé donc dans une maison de Varennes et, rapidement, avait commencé à se faire connaître via le site MySpace. Mais à la suite de plaintes des voisins, en raison du bruit et du va-et-vient, une pétition circula et la joyeuse bande se fit expulser des lieux!

Qu’à cela ne tienne, il y a beaucoup d’églises à vendre au Québec… De contact en rencontre, les travailleurs sociaux/musiciens et les autres membres de la formation ont rencontré des représentants du clergé. Leur aventure a plu à certains d’entre eux, de sorte que, pour trois fois rien, ils ont pu mettre la main sur une église catholique de Drummondville.

Depuis, ils sont épaulés par des fans qui viennent de partout dans le monde, notamment de la France et du Japon, pour effectuer des stages dans ce qui est devenu le quartier général de la bande.

«On aime dire qu’on fait du noise rock avec un esprit punk rock dans le sens originel du mot et non dans son sens pop punk altéré.» – Jeff Beaulieu

En ce moment, 22 personnes (rémunérées) regroupées autour du noyau de six musiciens, chattent, alimentent des pages Facebook, des blogues, propagent la bonne parole sur Twitter, fabriquent des affiches, des t-shirts, des vidéoclips en plus de mettre la main à la pâte durant les séances d’enregistrement effectuées dans le studio maison.

Bref, l’expérience YFE est un véritable mode de vie. «Nous sommes de ceux qui croient que, même si on change les gouvernements, ce n’est pas nécessairement cela qui fera une différence. Les seuls changements véritables sont ceux conduits par les citoyens qui se réunissent pour faire bouger les choses, comme on l’a vu pendant le printemps étudiant», poursuit Jeff avec enthousiasme.
Le collectif, qui a foulé de nombreuses scènes en Europe, en Chine, au Japon et en Australie, prépare la grande rentrée de son volet musical au Québec. «On promet un spectacle où le visuel occupera une large part.

On veut offrir une expérience, et pas uniquement une prestation rock», conclut le sympathique musicien.

Aide-toi et le ciel t’aidera
«Parce qu’ils sont sur Facebook ou sur YouTube, de nombreux musiciens croient que les choses vont débloquer tout naturellement. Il y a énormément de travail qui doit accompagner cette démarche, mais c’est possible et accessible. Et pour ceux qui sont vraiment motivés, les horizons sont extraordinaires, mais il faut aller chercher les gens un à un», analyse Jeff Beaulieu, guitariste de YFE.

Your Favorite Enemies
En première partie de Seether
Au Club Soda
Mercredi à 20h

Your Favorite EnemiesBetween Illness and Migration
Présentement en magasin

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