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Jason Mraz: de la musique qui fait du bien

Photo: Emily Shur

L’auteur-compositeur-interprète engagé Jason Mraz propose à nouveau des chansons d’amour pop-rock sur son quatrième opus, Love Is a Four Letter Word. «Quand je me sens bien, je chante, et la joie que ça m’apporte me fait me sentir bien!» fredonne – en anglais bien sûr – Jason Mraz sur Freedom Song, première pièce de son nouvel album. Qui a dit que les gens heureux n’avaient pas d’histoire?

L’artiste américain, rencontré à l’occasion de son passage à Montréal, le dit fermement : l’idée reçue selon laquelle il faut souffrir pour écrire de belles chansons d’amour est «un mythe». «Cela dit, pour composer un album d’une douzaine de chansons, personnellement, je dois en composer environ 80, ajoute-t-il. Et il y a de bonnes chances qu’une cinquantaine de ces pièces soient plus tristes, explorent mon côté plus sombre, ma part d’ombre… Par ailleurs, il est vrai que le fait de travailler sur ces parts d’ombre, de les guérir, me permet d’accéder à une réalité plus lumineuse et d’écrire des pièces plus festives, parce que c’est ce que j’aime mettre sur mes disques. C’est facile d’écrire des chansons sur cette part sombre et c’est important d’utiliser l’art pour l’explorer, parce que c’est une façon de pouvoir aller dans la noirceur, tout en restant en vie!»

Voilà déjà 10 ans que Jason Mraz, qui a connu la gloire en 2009 avec sa chanson I’m Yours, fait son chemin dans le monde de la musique. C’est en effet en 2002 qu’il faisait paraître son tout premier effort studio, Waiting for my Rocket to Come. «À cette époque, j’étais un jeune garçon qui voulait chanter pour gagner sa vie, se souvient-il. Je ne voulais pas avoir un “vrai” travail de toute ma vie! Et maintenant… je suis ce même garçon, je crois! Je suis reconnaissant envers la vie de m’avoir permis de faire exactement ce que je voulais.»

Mais l’artiste dit qu’il veut rester conscient de sa chance et «tenter de donner un but» à ses chansons. «J’aime penser qu’elles peuvent donner de l’énergie à quelqu’un, améliorer un peu sa vie d’une manière ou d’une autre, subtilement, lance-t-il de sa voix toujours douce et calme. Je vois la musique un peu comme un médicament qu’on peut prendre pour se soigner.»

Et parmi les choses qui font du bien dans le monde, l’amour n’est-il pas en tête de liste? Comme son titre le laisse présager, Love Is a Four Letter Word contient son lot de ballades abordant ce sujet universel. «Je pense que l’élément partagé par toutes les cultures, c’est cette poursuite du bonheur, de la paix intérieure, de l’amour, dit le chanteur. Et j’ai l’impression qu’en créant des chansons, je peux contribuer à ce bonheur, soit simplement parce qu’une chanson peut rendre heureux les gens qui l’écoutent, soit parce qu’elle contient certaines paroles, parfois sages, auxquelles ils peuvent s’identifier et qui vont les aider à trouver leur propre bonheur.»

En Antarctique avec Al Gore
Quatre années se sont écoulées entre les deux albums de Jason Mraz, mais le chanteur n’a pas chômé durant ce temps. Al Gore l’a notamment invité à l’accompagner durant une expédition en Antarctique, une expérience qui a beaucoup marqué l’artiste. «C’était une chance inouïe que de me rendre dans cette partie merveilleuse de la planète avec des scientifiques, des chercheurs et des leaders mondiaux, se rappelle-t-il. C’était une occasion, entre autres, de constater que la planète est ce qui nous soutient, et qu’on risque de manquer de ressources sous peu.

L’Antarctique est un bon endroit pour comprendre le fonctionnement de la planète dans son entièreté, puisque c’est là que démarrent plusieurs systèmes alimentaires, parce que c’est en quelque sorte l’air climatisé de la planète… ce qui maintient l’équilibre sur la Terre, bref. Et si ça continue de fondre, cet équilibre n’existera plus. Le but de ce voyage était donc de rappeler simplement aux gens, à notre temps, qu’il ne faut pas oublier d’être responsables. Bien souvent, nos désirs font de l’ombre à nos besoins. On veut, on veut, on veut… mais on pourrait très bien vivre simplement avec ce dont on a besoin.»

Le musicien affirme par ailleurs qu’à son avis, les artistes devraient profiter de leur tribune pour faire passer des messages. «Peu importe ce que en quoi ce message consiste, je crois que l’art est une belle façon de communiquer, et les artistes devraient révéler, par leur art, ce qui les inspire. On fait tous de l’art pour une certaine raison… Donc, si on peut communiquer notre passion à travers notre art, ça peut aller beaucoup plus loin qu’en faisant un simple discours.»

Love Is a Four Letter Word
En magasin dès mardi
En concert au Centre Bell
Le 8 septembre (billets en vente présentement)

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