Culture

Pandas 3D: Sauvegarde en noir et blanc

Photo: „collaboration spéciale

Dans la réserve naturelle de Wolong, en Chine, des amoureux des animaux travaillent fort pour sauver les pandas de l’extinction. Dès samedi à Montréal, le Centre des sciences propose un film consacré autant à ces bêtes irrésistibles qu’aux humains qui les aident à retourner à l’état sauvage.

Mercredi midi, avant la projection en première montréalaise de Pandas 3D, le présentateur a voulu savoir: «Qui ici aime les pandas?» Toutes les mains des enfants présents dans la salle se sont levées instantanément. «Moi! Moi! MOI! MOUAAA!» «Ah, d’accord! J’imagine que ça ne sert à rien que je demande qui n’aime pas les pandas?» «Nooon!» Pas de doute: ce mammifère câlin noir et blanc est une super vedette. Toutefois, si cette espèce adorée fait l’unanimité, sa survie n’en est pas moins menacée. Moins de 1600 spécimens foulent présentement le sol de la planète. Et la main de l’homme, qui met souvent le pied là où il ne le faut pas, fragilise encore plus son habitat.

Dans le moyen-métrage Pandas 3D: Retour à la nature, distribué par National Geographic, Nicolas Brown aborde ce problème criant sous un angle toutefois rempli d’espoir. En 40 minutes, le réalisateur nous transporte dans la réserve naturelle chinoise de Wolong, où des spécialistes se consacrent à l’étude et à la sauvegarde de ce grand animal qu’on dit affectueux et craintif. Le film commence alors que ladite réserve s’apprête à passer à une autre étape de son histoire: les 300 places «pour pandas» disponibles en son sein sont occupées, et les responsables doivent désormais retourner des pensionnaires à l’état sauvage.

Au fil de l’épopée sur grand écran, on assiste notamment à l’insémination artificielle d’une femelle, à son échographie et à l’explosion de joie et aux applaudissements nourris des observateurs qui accompagnent la naissance du bébé – qui sera nommé Tau Tau – ainsi que de son jumeau. On suivra ce même Tau Tau, le héros de l’aventure, dans son apprentissage et dans sa préparation à affronter la vie à l’extérieur du lieu protégé et surveillé où il a grandi.

La narration douce, assurée par Joely Richardson dans la version originale anglaise – pour les anciens fans de Nip/Tuck: l’actrice qui jouait Julia McNamara – coule et berce le spectateur. On y fait souvent des liens entre l’animal et l’humain, nous précisant par exemple que «tout comme nous, les pandas peuvent être exigeants au sujet de leur partenaire». Ou encore, que «tout comme nous (bis), les pandas sont très différents. Certains sont timides, d’autres aventuriers». Néanmoins, lorsque Tau Tau est relâché dans la nature, on sent que l’événement prend une dimension plus politique. Après avoir souligné que l’animal est en voie de devenir «le panda le plus célèbre de la Chine», la narratrice nous annonce que tous «les dignitaires du pays sont présents» et les images solennelles de ces derniers accompagnent ses dires.

Notons aussi que, malgré le message positif qu’envoie l’œuvre en 3D, celle-ci ne baigne guère dans le rose bonbon et le déni. On nous rappelle qu’il ne reste presque plus de pandas dans le monde, et que même ceux qui passent par la réserve naturelle, où ils apprennent à survivre, ne sont pas blindés contre les dangers. Le récit revient aussi sur le tremblement de terre de 2008, qui a dévasté le territoire et forcé le déplacement de plusieurs bêtes.

L’histoire de Tau Tau, toutefois, se termine bien. Et le film nous donne espoir que ce soit le cas pour tous les pandas.


Pandas 3D: Retour à la nature
Au Centre des sciences
Dès samedi

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