Culture

Ministre de la Famille et de la Protection de la jeunesse pour le PJQ

Photo: Guillaume Morin/collaboration spéciale

Qui a dit qu’il fallait 20 ans d’expérience et un CV long de même pour diriger un ministère? Au Parlement Jeunesse du Québec (PJQ), il est possible de présenter un projet de loi à 23 ans, ce que s’apprête à faire Sarah Ménard April à l’Assemblée nationale, entre Noël et le jour de l’An.

Comment es-tu devenue ministre d’un ministère qui n’existe pas?
C’est un ministère qu’on a créé spécifiquement pour les besoins de la simulation politique, en lien avec le projet de loi que je présente sur une réforme de la DPJ.

En quoi consiste la réforme que tu proposes?
Ça porte sur le moment où les enfants en situation de compromission – abus physique, abus sexuel, négligence, maltraitance et abandon – sont retirés de leur milieu. La loi actuelle fait en sorte qu’on priorise le retour de l’enfant à sa famille biologique, mais je pense qu’on peut remettre ça en question.

As-tu prévu sur quoi tes adversaires allaient te défier?
Il est possible de préconiser une approche préventive ou d’avancer que les parents biologiques ont simplement besoin d’aide. Mais si on prend en considération le bien de l’enfant et que la famille biologique n’est pas apte à s’occuper de lui, vaut mieux qu’il soit placé dans une famille d’accueil à majorité. La famille est une vache sacrée, alors je m’attends à ce que le débat soit assez émotif. Le but des PJQ est aussi de créer des débats par des polémiques, donc c’est sûr que le projet que je propose ne pourrait pas être adopté demain matin.

Quels seront les autres projets de loi débattus?
Un projet de loi veut règlementer l’achat d’alcool par les individus. Un autre créerait un ordre professionnel des journalistes, et un autre vise à rendre l’art et la culture plus accessibles.

Le PJQ est non-partisan. Ça veut dire quoi?
Ça veut dire qu’il n’y a pas de ligne de parti. Les gens peuvent débattre selon leur conscience, qu’ils soient membres du gouvernement ou de l’opposition. Pour des fins éducatives, à l’extérieur de nos débats sur les projets de loi, il y a une partie partisane pour réchauffer les gens le matin.

Voudrais-tu faire de la vraie politique plus tard?
L’objectif des simulations n’est pas de former des politiciens. Je vois ça comme une école de citoyenneté et de débat. Ça nous sensibilise à des enjeux politiques.

Cette année, vous avez atteint la parité hommes/femmes. Est-ce que c’est un accomplissement?
Vraiment! On partait de loin. Le PJQ a 65 ans et au début, ça s’appelait le Older Boys Parliament of Québec. C’est Jack Layton qui a proposé une motion pour que les femmes soient admises alors qu’il était participant. Cette année, l’exécutif est entièrement formé de femmes. Je pense que ça peut encourager les femmes à s’exprimer, à prendre leur place en public.

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