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Petits contes électriques de Jean Leloup

Photo: Yves Provencher/Métro

Oui, Jean Leloup se porte à merveille et son À Paradis city est à la hauteur des attentes.

On entendait toutes sortes de propos sur Leloup ces dernières années. Et il est vrai que ceux qui le croisaient dans les rues du Mile-End et certains de ses amis se faisaient du souci au sujet de son rapport aux paradis éthyliques.

C’est maintenant chose du passé: il ne picole plus depuis deux ans. Et nous sommes là, dans ce petit appartement où il peut fumer et parler de À Paradis city, son huitième album qui ressemble à un bilan bédéesque tant par les orchestrations à la Ennio Morricone ou Velvet Underground que par les protagonistes qui pourraient sortir tout droit des Rubrique-à-Brac de Gotlib.

On pense à Retour à la maison, où une guitare, selon une note explicative envoyée par Leloup, rentre à la maison après une énième détox; à Willie, où un vieil alcoolo dresse son bilan avant de se suicider; ou encore à l’hyper accrocheuse Petit Papillon, dans laquelle une jolie fille pourchassée par la mort finit par la tuer. «Quand je l’ai composée, ça a été la dernière et j’ai crié: “Eurêka!” J’étais vraiment content, car je n’avais pas réussi à composer une toune de ce genre-là», explique l’artiste qui a glané dans ses souvenirs de rencontres et de voyages des 10 dernières années, notamment à Panama et au Costa Rica, pour créer cet album où les scènes (les chansons) auraient été imaginées avant le scénario (le fil conducteur). «À un moment donné, j’avais acheté du matériel pour me faire un petit studio… Hey, que j’étais malheureux! Je me suis dit: “J’aurai des tounes quand j’en aurai.” Pis, j’ai cherché à faire d’autres choses dans la vie, puisque je n’ai jamais vu la chanson comme un métier. J’ai essayé d’acheter une montagne en Amérique centrale pour en faire un parc naturel dans lequel seraient protégés les gorilles. Ensuite, je voulais importer du cacao biologique. J’ai tenté d’être auteur de nouvelles. Puis, j’ai voulu jouer les documentaristes et faire le tour du monde pour interviewer les gens…» explique Leloup qui, pendant ses pérégrinations, a rencontré des gens surréalistes pour s’en inspirer et en faire des chansons. Chansons qui, ensuite, se retrouvent, dit-il, dans un sac Glad où, après un tri, elles sont devenues un disque.

«Je ne comprends pas comment on ne peut pas voir le roman dans la vie des gens. Je suis très à l’écoute de ce qui se passe autour de moi et je considère que le moment présent est toujours très important.» – Jean Leloup

C’est ce qui s’est produit avec la pièce titre À Paradis city, un texte d’une quinzaine de pages à l’origine. Deux ans plus tard est arrivé un autre texte qui semblait lui répondre. Un peu comme s’il s’agissait de petites nouvelles qui s’assemblaient. Il a enregistré des versions électros, puis il a appelé des amis musiciens pour finalement créer cette huitième livraison, dont il ne sait pas encore à quel moment elle sera présentée sur scène, mais qui demeure, sur le plan du questionnement philosophique, très frontale. «Oui, depuis un bout de temps, je le suis pas mal dans mes questions fondamentales auxquelles je ne parvenais pas à répondre (…). J’ai déjà été fâché contre des choses qui me révoltaient. Maintenant, je suis juste désolé. Finalement, ç’a l’air qu’on est là pour apprendre. Ce qui me rend heureux? Je ne peux pas m’empêcher de penser que je vais encore pouvoir plonger dans un lac et regarder la nature avec des amis proches.»

À Paradis city
En magasin dès mardi

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