Culture
20:07 23 avril 2015 | mise à jour le: 23 avril 2015 à 20:07

Perruquier depuis 1964

Perruquier depuis 1964
Photo: Daphné Caron/Urbania

Malgré son nom, André Marchand n’est pas qu’un marchand de perruques. C’est un artisan.

Comment fait-on pour choisir une perruque?
Moi, j’offre des consultations. C’est important, parce que la perruque sera la coiffure de la cliente pendant un an ou deux, parfois. Je prends le temps de parler avec mes clientes. Je tiens compte du teint, de la forme du visage, de la personnalité et de la numérologie. Grâce à la date de naissance de mes clientes, je peux mieux les comprendre. Par exemple, moi je suis un huit. Je cherche toujours à savoir à qui j’ai affaire par la numérologie.

Est-ce que votre clientèle est plutôt féminine?
Oui. Je sers aussi des hommes, mais pour eux, généralement, la perte de cheveux, ça passe mieux. Ça fait macho. C’est lié à la testostérone, qui est un des facteurs de perte de cheveux. Les femmes qui ont beaucoup de testostérone ont tendance à perdre leurs cheveux. Et il y a la vitesse de la vie actuelle qui contribue à la calvitie. Aujourd’hui, tout va tellement vite, c’est pas étonnant que les gens perdent leurs cheveux! J’ai aussi des clientes qui aiment simplement changer de tête à l’occasion. Et plusieurs de mes clientes sont des femmes qui reçoivent une chimio.

Ça prend un doigté particulier pour traiter ces cas, j’imagine?
Oui. Je prends le temps de leur demander si elles sont prêtes, je parle avec elles. Je coupe leurs cheveux très courts, parce que si on rase, les prothèses capillaires font mal. Si on laisse un peu de longueur, le cheveu s’écrase. J’ai l’habitude avec ces clientèles: je donne des conférences dans les hôpitaux, ça s’appelle «Belle et bien dans sa peau». C’est très valorisant pour moi.

Est-ce que c’est mieux d’acheter une perruque en cheveux synthétiques ou naturels?
Ça varie selon chaque cas. Ça dépend du budget de la cliente, mais aussi de ce qui est le plus pratique pour elle. Il y a des prothèses synthétiques qui paraissent très naturelles. L’important, c’est d’aller voir deux ou trois perruquiers et de voir lequel offre les meilleurs conseils. Une perruque qui tombe sur les oreilles, qu’elle soit naturelle ou synthétique, c’est pas beau. J’ai des clientes qui viennent de France parce qu’elles ne trouvent personne qui sait ajuster leur prothèse comme moi. Elles me renvoient leur perruque par courrier pour que je la nettoie.

Est-ce qu’une perruque peut avoir «les cheveux gras»?
Oui, si on ne se lave pas la tête, le sébum va finir par pénétrer. Mais comme on ne dort pas avec sa perruque, elle se salit moins vite que les cheveux.

Qu’est-ce qui vous rend si enthousiaste à propos de votre métier, après 50 ans?
Rendre les gens heureux, ça rend heureux. Un jour, un grand brûlé est venu me voir avec un trou sur la tête. Il me disait qu’il ne pouvait plus aller au café parce qu’il faisait peur aux enfants. Je lui ai fait une belle perruque blanche pour qu’il puisse maintenir ses activités sociales.

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