The Commodores: piliers du funk
Motown ou pas, William «WAK» King des Commodores n’a pas dit son dernier mot.
Si le nom des Commodores ne vous dit rien, c’est que vous n’êtes peut-être pas familier avec les grandes années du funk et du soul afro-américain pilotées par l’influent label Motown. Mais ne croyez pas pour autant que les refrains accrocheurs du groupe qui a déjà été décrit comme les «Black Beatles», vous seront inconnus. Brick House, Three Times a Lady, Easy… Les Commodores, cette redoutable machine à hits ayant vu le jour en 1968 à l’Université Tuskegee, en Alabama, a eu une ascension fulgurante à la suite de leur tournée en première partie des Jackson 5. Alors que le groupe prépare un nouvel album, qui prendra une tangente plus country et western, nous nous sommes entretenu avec le très chaleureux trompettiste et guitariste William «WAK» King.
Vous êtes le groupe ayant vendu le plus d’albums pour Motown dans les années 1970 et 1980 (plus de 60 millions en tout!). En repensant à cet âge d’or, quel rôle a joué le label au sein de l’industrie musicale américaine?
En fait, les chanteurs les plus importants figuraient au tableau : The Temptations, The Supremes, The Four Tops, Marvin Gaye, Stevie Wonder, et j’en passe. Nous étions d’importance périphérique à côté de tous ces groupes! Lorsque venait le temps de réserver du temps d’enregistrement en studio, nous devions nous contenter des plages horaires qu’ils n’utilisaient pas! (Rires) Ce qui était merveilleux, avec Motown, c’est que n’importe quel chanteur du label se portait volontaire pour être choriste sur le single d’un autre. Tu pouvais appeler les Temptations, les Four Tops, ils le faisaient avec plaisir. C’était une famille; il y avait une grande camaraderie parmi les groupes.
Il semble que Michael Jackson vous ait joué des tours pendant votre tournée…
Oh, mon Dieu! Tu marchais dans le corridor, et tout d’un coup, il te versait un bac d’eau dans le dos, et puis s’enfuyait à la course en rigolant. Un matin, j’étais dans mon lit, et je me suis réveillé alors que Michael forçait un bol de glaçons dans ma bouche! (Rires) Il tentait de vivre son enfance aussi normalement qu’il le pouvait, chose difficile à faire lorsque tu es perpétuellement en tournée.
Après le départ de Lionel Richie, Motown vous a largués et des promoteurs de longue date vous ont laissé tomber. J’imagine que remporter votre premier Grammy en 1986 pour Night Shift, sans Lionel Richie, a été un moment décisif pour l’avenir du groupe.
Définitivement. Nous étions surpris de constater que plusieurs personnes qui nous avaient quittés voulaient soudainement rebrousser chemin et faire partie des Commodores. Ce
fut un moment très lumineux pour nous!
Avec plus de 30 ans de carrière à votre actif, y a-t-il encore des choses qui vous surprennent dans cette industrie?
Souvent, des journalistes nous demandent si Richie sera à nos spectacles. C’est un peu surprenant… vu qu’il a quitté le groupe… en 1982! (Rires) Mais je pense que c’est plus un souhait qu’autre chose, ce n’est pas de mauvaise foi. À l’époque, plusieurs fans venaient à nos spectacles et pleuraient en nous suppliant de revenir ensemble. Richie m’avait dit qu’il vivait la même chose à l’époque : il se faisait sans cesse demander où étaient les autres Commodores!
The Commodores
À la Salle Wilfrid-Pelletier
Dimanche à 19 h 30