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Montréal, le moteur de la croissance économique en 2026

Montréal centre-ville
Photo: iStockphoto.com

En 2026, la croissance économique du Québec dépendra en bonne partie des grands projets de construction, du marché de l’habitation et de l’augmentation de la productivité grâce à l’IA, selon un rapport diffusé mercredi par l’IA. Tous des éléments qui font en sorte que Montréal sera vraisemblablement le moteur derrière cette croissance.

Selon Deloitte, l’économie du Québec devrait croître de 1,3% en 2026. C’est faible, mais c’est mieux que le maigre 1% enregistré en 2025.

À l’échelle du Canada, le PIB devrait augmenter de 1,5%.

Les investissements gouvernementaux

Une bonne part de cette croissance sera soutenue par les investissements gouvernementaux. Et c’est à Montréal que ces investissements se feront le plus sentir.

«De grands projets, tels que le prolongement de la ligne bleue du métro de Montréal à un coût de 7,58 milliards de dollars et la réfection de 2,80 milliards de dollars du tunnel Louis-Hippolyte-La Fontaine, devraient assurer une croissance positive à long terme», souligne le rapport.

«Les dépenses en construction, c’est de l’argent dépensé dans une industrie où il y a relativement peu de fuites de capitaux à l’étranger», ajoute Mario Iacobacci, associé, Conseil économique chez Deloitte Canada. «L’argent est principalement versé aux travailleurs et pour l’acquisition d’équipements et de matériaux achetés localement. Et c’est encore plus le cas pour le tunnel que pour la ligne bleue.»

À cela s’ajoutent les dépenses fédérales pour le logement. Le gouvernement Carney a promis de doubler le rythme de construction et a déjà mis en place des mesures pour accélérer les mises en chantier. Les effets devraient se faire sentir en 2026 et le Grand Montréal devrait recevoir une grande part de cette activité économique accrue.

Toute cette activité est de bon augure, souligne M. Iacobacci, puisque le secteur de la construction représente pas moins de 10% de l’économie du Québec.

Gains de productivité par l’intelligence artificielle

La performance à long terme de l’économie canadienne doit toutefois être soutenue par une productivité accrue, souligne Deloitte.

Au cours des dernières années, plusieurs rapports ont décrié la perte du niveau de productivité des entreprises canadiennes (mesuré en termes de PIB par heure travaillée). Surtout en comparaison avec les États-Unis.

Selon la Banque du Canada, si la productivité des entreprises canadiennes avait suivi celle des autres pays du G7, notre PIB serait plus grand de 9%. Ce qui équivaut à environ 7000$ de plus dans les poches de chaque Canadien.

Le rapport de Deloitte avance que l’intelligence artificielle offre de nouvelles possibilités en termes de productivité. L’IA pourrait remplacer une partie de la main-d’œuvre pour permettre aux entreprises canadiennes d’en faire plus avec moins.

Une perspective qui déplaira sans doute à ceux et celles qui perdent leur emploi. Mais, au niveau macro-économique, le pays s’en tirerait mieux à moyen terme. M. Iacobacci souligne que l’argent économiser permettra à la fois d’augmenter les salaires et les investissements des entreprises, ce qui fera croître l’économie dans d’autres secteurs.

Et les perspectives de placement des personnes qui perdent leur emploi demeurent bonnes.

«On a un taux de chômage relativement bas au Québec et on ne pense pas que ce taux va beaucoup changer. Les pénuries de main-d’œuvre qu’on voit dans certains secteurs vont persister», souligne l’économiste.

D’ailleurs, le premier ministre Carney a promis de présenter une stratégie fédérale pour l’IA cette année.

Et c’est sans parler des emplois générés par l’IA. Au Canada, c’est à Montréal que la majorité de la recherche et du développement se fait dans ce secteur. La métropole devrait en bénéficier de façon disproportionnée.

Le point faible: la confiance

Les appréhensions des consommateurs et des entreprises pourraient toutefois miner la croissance économique en 2026.

Avec un faible fléchissement de la population prévue cette année, les dépenses des consommateurs devront être au rendez-vous pour assurer la croissance économique. Or, les inquiétudes concernant les tarifs américains ne sont pas terminées. Et nous regardons tous anxieusement la renégociation de l’accord de libre-échange avec les États-Unis et le Mexique, qui vient à échéance en juillet.

Deloitte s’attend à ce que les consommateurs privilégient leurs épargnes plutôt que les gros achats.

Dans les circonstances, ce sont plutôt les investissements publics qui assureront la croissance économique. Alors que les dépenses des ménages devraient augmenter de seulement 1,3% et celles des entreprises seulement 1,4% – soit en-deçà de l’inflation –, les investissements publics bondiront de 5,2%.

Mais une économie ne peut pas être principalement soutenue par le gouvernement sur le long terme. M. Iacobacci se réjouit que les investissements prévus par le fédéral visent à stimuler les investissements privés.

«Ça va prendre un certain temps avant que ça ne se concrétise dans le secteur privé. Mais on est partis dans la bonne direction», souligne-t-il.

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