Environnement

Sobriété numérique: pourquoi et comment s’y prendre?

Photo: iStock

Environ 2 à 4% des émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES) sont produites par le numérique, selon une étude réalisée en 2021. Les dommages sur l’environnement sont réels. Comparativement, l’aviation civile est responsable d’environ 2% des GES mondiaux.

La sobriété numérique encourage à réduire l’impact environnemental de la conception, de la fabrication et de l’usage des infrastructures et des outils numériques.

Plusieurs pratiques, individuelles et collectives, permettent d’utiliser le numérique de façon plus écoresponsable.

Contrecoups environnementaux

«La fabrication des appareils numériques mobilise de nombreuses matières premières, qui nécessitent de grandes quantités d’eau et d’énergie», explique le chargé de projet pour le défi numérique de l’organisme Chemins de transition situé dans Côte-des-Neiges (CDN), Martin Deron.

Il ajoute qu’un ordinateur de deux kilogrammes (kg) requiert 600 kg de matières premières et qu’environ 80% de l’empreinte environnementale d’un téléphone intelligent est produite lors de sa fabrication.

«Un téléphone intelligent contient environ une cinquantaine de métaux différents dont l’extraction émet de grandes quantités de GES et de déchets toxiques», soutient l’analyste en réduction à la source de l’organisme Équiterre, localisé dans Ville-Marie, Amélie Côté.

Ainsi, les conséquences sur les écosystèmes locaux et la santé humaine sont lourdes, comme la pollution des sols et des eaux.

Une fois que les appareils fonctionnent, l’énergie utilisée est directement liée à leur consommation électrique, à celle du réseau et des centres informatiques, ainsi qu’à la fabrication des équipements du réseau et des centres informatiques, d’après M. Deron.

De plus, seule une infime partie des appareils numériques est recyclée, alors que la majorité se retrouve dans des lieux d’enfouissement ou des décharges à ciel ouvert, notamment en Afrique.

«Il y a encore 10 000 tonnes d’appareils électroniques provenant des citoyens qui sont jetées chaque année au Québec», précise Mme Côté.

Pratiques individuelles et collectives

À l’échelle individuelle, M. Deron recommande de réduire le besoin de fabriquer de nouveaux équipements en prolongeant la durée de vie des appareils ou en privilégiant le reconditionnement.

Il appelle également à changer les trajectoires du numérique au Québec, via des changements dans le domaine de la culture numérique, mais également dans les modèles d’affaires des entreprises.

L’organisation Techno Culture Club, située sur Le Plateau, propose par exemple l’atelier Pour une utilisation écoresponsable du numérique dans plusieurs centres communautaires, écoles et bibliothèques de Montréal afin d’informer les gens de l’immatérialité d’Internet.

Il sera d’ailleurs bientôt offert en ligne à l’organisme Aînés Montréal via le réseau des bibliothèques de Montréal. Il a également eu lieu par le passé à la bibliothèque de CDN et à l’Association féminine d’éducation et d’action sociale située à Mercier–Hochelaga-Maisonneuve, par exemple.

«Tout le monde a un rôle à jouer dans cette transformation, que ce soient les investisseurs, la société civile, les entreprises du numérique, les utilisateurs, les institutions d’éducation et de recherche et les acteurs gouvernementaux», pense le chargé de projet pour le défi numérique de l’organisme Chemins de transition.

L’organisme RIDEAU, localisé sur Le Plateau, a quant à lui développé une politique écoresponsable à l’égard de son événement annuel organisé en ligne en 2021. Plusieurs mesures ont été prises, comme la communication auprès des participants des bonnes habitudes à adopter.

Ces habitudes se poursuivent actuellement au sein de l’entreprise via un rappel mensuel de tri des courriels, une limitation de l’usage des caméras ou des dons d’écrans et de claviers, comme le souligne l’adjointe à la direction générale et responsable expérience client de RIDEAU, Amandine Chamard-Bois.

Ainsi, la sobriété numérique est de plus en plus abordée lors d’ateliers et de conférences, comme au prochain Sommet de Montréal sur l’innovation qui aura lieu le 26 mai 2022 en partenariat avec des organismes publics.

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