Le sommet de Copenhague touche chacun de nous: 10 demandes du WWF
Si un accord sur le climat satisfaisant est conclu à Copenhague, chacun de nous en bénéficiera. Martin Atkin, du Fonds mondial pour la nature, nous explique pourquoi.
Au cours des deux prochaines semaines, nous allons entendre parler de la Conférence sur les changements climatiques de CopenÂhague à profusion. Chaque jour, elle fera les manchettes des journaux ou des bulletins de nouvelles. Pourquoi en faire toute une histoire? Parce que les changements climatiques nous concernent tous. Ça n’arrive pas qu’aux autres. Les glaciers qui fondent et les feux de forêt qui font rage sont peut-être à des milliers de kilomètres de l’autobus ou du train dans lequel vous prenez place pour vous rendre au travail et lisez mon billet, mais ils se répercutent sur la vie d’autres personnes. Vous pouvez vous compter chanceux de ne pas être directement touché. Pour le moment.
Au cours des deux prochaines semaines, on présentera sûrement des créatures de partout dans le monde qui subissent déjà les conséquences du réchauffement planétaire. Certaines d’entre elles sont bien connues, comme les ours polaires mis en péril par la fonte des glaces de la mer arctique, ou les récifs de corail délicats décimés par le réchauffement des océans. Toutefois, une espèce risque fort de pâtir plus que les autres si les changements climatiques ne sont pas maîtrisés : les humains.
Déjà de terribles ravages
Nous constatons déjà les effets terribles de ces changements climatiques débridés. Des milliers de réfugiés du climat sont forcés de fuir les villes côtières, de l’Inde aux îles du Pacifique. Des feux de brousse causent des millions de dollars de dommages chaque année, de l’Australie à la Californie. Des ouragans de force et de fréquence accrues ravagent des villes, de La Nouvelle-Orléans à Taiwan.
Par ailleurs, les changements climatiques pourraient anéantir l’économie mondiale. Ils désorganisent l’approvisionnement en nourriture, en eau et en énergie. À cause d’eux, il est plus difficile de sortir de la récession. C’est une menace directe à nos emplois, à nos foyers et à notre sécurité. Entre-temps, le prix de l’inaction continue toujours de grimper, et ce prix, nous devrons tous payer.
C’est pourquoi la ConféÂrence de Copenhague est importante pour chacun de nous. Les grands de ce monde qui se réuniront pendant la prochaine quinzaine ont le pouvoir de nous indiquer la voie d’un avenir propre et durable ou de nous plonger dans un réchauffement planétaire encore plus catastrophique. Alors, il y a lieu d’en faire toute une histoire!
10 points que propose le WWF pour que la conférence de Copenhague soit une réussite
Beaucoup de choses ont été dites à propos de la nécessité de parvenir à une entente globale sur les changements climatiques à Copenhague. Mais à quoi pourrait ressembler une telle entente? Voici le projet de traité en 10 points que propose le WWF pour que la Conférence de Copenhague soit une réussite.
- Le sommet doit aboutir à un accord dont le cadre soit juridiquement contraignant afin que les pays ne puissent ensuite choisir de le respecter ou non.
- Afin que l’augmentation de la température globale n’excède pas le seuil critique des 2 °C, les émissions globales de gaz à effet de serre (GES) doivent atteindre leur plus haut niveau et commencer à décliner avant 2017.
- D’ici 2020, les pays industrialisés doivent réduire leurs émissions de GES de 40 % par rapport à leur niveau de 1990.
- Les émissions des pays développés doivent être inférieures d’au moins 30 % aux quantités de GES que ceux-ci rejettent dans l’atmosphère en répétant que «les affaires sont les affaires».
- La coupe et le brûlage des forêts doivent diminuer de trois quarts d’ici 2020.
- Il faut protéger les espaces naturels et aider les pays vulnérables à s’adapter aux changements climatiques en leur proposant des régimes d’assurance et d’indemnisation.
- Les pays industrialisés doivent consacrer environ 160 G$US par an aux pays en développement afin de les aider à faire face aux pires conséquences des changements climatiques.
- Les nations les plus riches doivent partager avec les pays les plus pauvres les technologies pouvant aider ces derniers à faire face au réchauffement planétaire.
- La Convention-cadre des Nations-unies sur les changements climatiques (CCNUCC), dont les organes sont chargés d’établir le détail d’une éventuelle entente, doit prévoir des mécanismes transparents et démocratiques afin de coordonner l’ensemble du processus et d’attribuer les fonds.
- Des critères transparents et comparables doivent être établis pour les marchés du carbone, les forêts, l’utilisation des terres, les efforts de mitigation et les inventaires. De plus, des moyens de limiter les émissions de GES attribuables à l’aviation et à la navigation internationales doivent être trouvés.
C’est beaucoup demander, mais il y a beaucoup en jeu!