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Sabrina Barilà à l'opéra

Geneviève Vézina-Montplaisir - Métro

Quand Sabrina Barilà a reçu un appel de l’Opéra de Montréal, il y a quelques mois, la designer a d’abord pensé qu’on voulait lui offrir une paire de billets pour assister à une représentation. Mais c’est la conception des costumes de toute la distribution d’un spectacle qu’elle s’est vu confier.

Le directeur général et le directeur artistique de l’Opéra de Montréal, Pierre Dufour et Michel Beaulac, sensibles à l’approche créative de la griffe montréalaise, portés par l’engouement des dernières années pour la mode d’ici et inspirés par l’Opéra d’Australie, qui a déjà demandé à des designers de faire une relecture artistique de Werther, ont approché Sabrina et toute l’équipe de la ligne Barilà afin qu’ils habillent les personnages de l’Å“uvre lyrique de Jules Massenet. «Ç’a été une première rencontre passionnante entre le monde de la mode québécoise et le monde de l’Opéra de Montréal, et ce ne devrait pas être la dernière», a fait savoir le directeur général de l’institution montréalaise.

Même si elle n’avait ja­mais fait de costumes pour la scène, et que la griffe qu’elle a fondée en 2007 avec sa sÅ“ur Claudia et le patronniste Anthoni Kai est vouée à la mode féminine, Sabrina a décidé de plonger dans l’inconnu et de relever le défi que lui proposait l’Opéra de Montréal.   «Ce qui m’a tout de suite plu dans ce projet, c’est de faire toute la recherche sur les années 1920, l’époque  où l’histoire se déroule, confie la jeune femme. J’ai aussi adoré me plonger dans l’univers de Werther et de ses personnages, et de me détacher pour un moment de Barilà.»

La créatrice a donc oublié pour quelque temps les lignes modernes et les couleurs contemporaines de sa griffe pour imaginer des tenues sobres du début du siècle, où tailles surbaissées et morceaux amples étaient à l’honneur. Sabrina a également dû se prêter au jeu des essayages et se familiariser avec certaines règles scénographiques. «Je ne pouvais pas, par exemple, utiliser de tissus blancs, parce que c’est trop éclatant sur scène, note-t-elle. J’ai donc dû apprendre à travailler avec les subtilités de la lumière pour le choix des couleurs. Il fallait aussi toujours avoir en tête que certains détails d’un vêtement sont invisibles pour le spectateur. Si je voulais qu’ils soient vus, les accessoires devaient être de taille exagérée.»

La designer a beaucoup apprécié le milieu de la confection de costumes, «plus serein», et très différent du milieu de la mode, «qui est beaucoup plus stressant». Elle aimerait donc répéter l’expérience, mais pour le moment, elle fignole la collection automne-hiver 2011-2012 de Barilà, qu’elle présentera à la 20e Semaine de mode de Montréal, dans trois semaines. «Cette collection est inspirée des années 1970, confie-t-elle. Je trouve que c’est une des plus belles époques de la mode. Il y a beaucoup d’a­gen­cement de couleurs et de textures. C’est très amusant!»

Un opéra romantique
Pour la première fois, la version pour baryton de l’opéra français Werther, de Jules Massenet, mettant en vedette Phillip Addis et Michèle Losier, sera présenté à l’Opéra de Montréal. D’après le roman mythique de Goethe, cet opéra met en scène le jeune poète Werther, amoureux fou de Charlotte. Alors que celle-ci a promis à sa mère d’épouser Albert, Werther, amoureux sans espoir, tente de se consoler dans les bras de sa cadette avant de prendre la fuite et de se donner la mort. 

Werther
Salle Wilfrid-Pelletier
Les 22, 26, 29, 31 janvier et 3 février à 20 h

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