Ahuntsic-Cartierville
16:00 25 janvier 2021 | mise à jour le: 25 janvier 2021 à 12:06 temps de lecture: 4 minutes

Elle ouvre un bistro à Ahuntsic en pleine pandémie

Elle ouvre un bistro à Ahuntsic en pleine pandémie
Photo: Amine Esseghir/Métro MédiaMarie France Mésilas Severe a quitté son emploi pour se lancer en affaires en pleine pandémie.

Alors que le milieu de la restauration craint des fermetures par dizaines à cause des restrictions sanitaires, une entrepreneure a pris le risque de lancer son commerce de cuisine haïtienne en pleine pandémie. Marie France Mésilas Severe croit qu’elle peut transformer une crise en opportunité.

La femme d’affaires a ouvert Bouillon de saveur en juillet sur la rue Fleury Est, non loin de l’hôpital. «Mon rêve a toujours été d’être à temps plein dans mon entreprise et faire ce que j’aime le plus, c’est-à-dire la cuisine», confie-t-elle.

L’entrepreneure profitait de la fin du premier confinement sans savoir si la pandémie touchait à sa fin ou si on vivait une courte pause. Son bistro spécialisé en cuisine haïtienne attenant à une boutique de fleuriste tourne depuis avec trois employés.

«J’ai ouvert pendant la pandémie et je me suis tout de suite adaptée à ces conditions, que ce soit avec le personnel ou les plats qui peuvent être consommés sur place, à emporter ou à livrer», raconte-t-elle.

Arrivée en 2008 d’Haïti avec son mari et ses deux enfants, Marie France Mésilas Severe avait trouvé un emploi dans l’administration du secteur de la santé.

Une situation stable qu’elle avait jumelée à une petite entreprise de traiteur qui proposait des mets créoles classiques. Elle offrait ses services pour les célébrations familiales, mais aussi pour des événements religieux ou sociaux pour les amateurs de cuisine haïtienne.

Changement de cap

«Fin 2018, je me suis dit c’est assez. Il faut que je me consacre à 100% à mon affaire. Je serais plus efficace dans une chose au lieu de courir entre deux emplois», indique-t-elle. Depuis, elle cherchait un local et suivait les démarches et formations pour se lancer.

Marie France Mésilas Severe est encouragée dans sa réflexion quand elle participe en 2019 en tant que traiteur, au concours Espace Saint-Michel. La cheffe cuisinière y décroche une bourse de 20 000$. Le défi était destiné à soutenir financièrement de nouvelles entreprises locales.

«Cela a validé mon idée. Je me suis dit que j’étais prête. J’ai remis ma démission à mon employeur. Je devais quitter en février de l’année suivante», mentionne la Montréalaise.

C’est au moment où l’entrepreneure s’attelait concrètement à réaliser son projet de cuisine haïtienne que la pandémie est déclarée. Comme elle travaillait dans le milieu de la santé, on lui a demandé de reporter de quelques mois son départ. Une période qu’elle utilisera à chercher le local qui lui convenait.

Doutes?

«Mon mari m’avait demandé: ‘‘es-tu sûre? Tu ne veux pas revenir sur ta décision?’’ Je me suis dit non. C’est maintenant ou jamais. Malgré tout ce qui se passait, je m’étais fixé cet objectif-là», assure Mme Mesila Severe.

En juin, alors que des restaurants ferment ou s’inquiètent de leur avenir, elle quitte son emploi. Se lancer en affaire au milieu de la crise sanitaire est un défi surmontable, fait valoir la fondatrice de Bouillon de saveur.

«Il faut être à l’écoute de soi-même. Quand j’ai pris ma décision, ma famille était au courant, mais pas mes amis. Je ne voulais pas recevoir d’avis négatifs et je ne voulais pas que les gens mettent la peur dans ma tête et que je ne puisse plus avancer», relève-t-elle.

À l’ouverture de son commerce, ses anciens clients saisissent l’opportunité pour savourer ses spécialités de la cuisine haïtienne, griot de porc, le riz collé, gâteau aux fruits renversé, blanc mangé et pain aux patates douces sans avoir à se faire inviter à un mariage ou à un baptême.

Depuis, sa messagerie Facebook est assaillie et son téléphone sonne sans arrêt pour passer les commandes.

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